Est-il utile de rappeler qu’une alimentation équilibrée permet de limiter le risque de maladies métaboliques ? La difficulté, pour lutter contre la « malbouffe », un terme à la mode qui appartient à part entière à la langue française, est de faire adopter des choix alimentaires sains et cela dès la petite enfance. Luc Marlier, dans ce numéro d’Objectif Alimentation, nous éclaire sur la construction du goût et le rôle des odeurs dans les préférences alimentaires, mais aussi sur des aspects moins connus. Ainsi, des observations ont pu montrer que nous sommes capables de garder en mémoire des souvenirs, en rapport avec l’alimentation, au cours de la vie intrautérine et cela grâce à des récepteurs sensoriels déjà présents et un contexte environnemental favorable. Ces souvenirs, stockés dans notre mémoire implicite, participeraient à l’orientation de nos choix alimentaires. Notre cerveau contrôle les circuits de la régulation de notre appétit, et en particulier la sensibilité à la leptine, qui peut être faussée lorsque notre alimentation est trop abondante. Il contrôle également les circuits de la récompense, et leur conditionnement, qui nous poussent à préférer les aliments palatables aux autres, pourtant meilleurs pour la santé. Ces composantes régulatrices ont un rôle majeur dans les comportements alimentaires, qui sont au coeur des missions de l’Institut Danone. Les travaux de Luc Marlier et ses équipes nous offrent de nouvelles pistes qui devraient nous faire avancer dans le combat contre l’obésité par une meilleure compréhension de ses déterminants, mais aussi nous aider à stimuler l’appétit des personnes âgées en luttant contre la dénutrition présente chez 15 à 38 % des personnes vivant en institution*.

*Traité de nutrition de la personne âgée, p. 165-174.