Dietary fats and 16-year coronary heart disease mortality in a cohort of men and women in Great Britain. Boniface D.R. and Tefft M.E. European journal of clinical nutrition, 2002 ; 56 : 786-792

 

En Grande-Bretagne, les données d’une étude prospective, auprès d’un échantillon randomisé de 9000 sujets, ont été utilisées pour étudier les liens entre apports lipidiques et mortalité coronarienne. Ces personnes ont répondu à un questionnaire alimentaire et ont été interrogées sur leur état de santé et leur mode de vie. Les patients souffrant d’affection cardio-vasculaire, de diabète, sous traitement antihypertenseur ou régime diététique ont été exclus et l’analyse a été limitée aux sujets de 40 à 75 ans au moment de l’inclusion soit au total 1225 hommes et 1451 femmes.

Entre 1984 et 2000, 155 décès d’origine coronarienne - 98 chez les hommes, 57 chez les femmes - ont été enregistrés.

La sédentarité, un statut social défavorisé, le tabagisme et l’absence de consommation d’alcool était liés à un apport plus important en graisse saturées et à une augmentation de la mortalité coronarienne. Les analyses multivariées après ajustement des facteurs ont confirmé l’existence d’un lien entre apports lipidiques et mortalité coronarienne uniquement chez les femmes : à un apport en graisses saturées supérieur à 100 g par semaine correspondrait un risque relatif de décès coronarien augmenté de 40%.

La meilleure fiabilité de la mesure des apports lipidiques recueillie par enquête alimentaire chez la femme (moins grande variabilité des apports en graisses, plus de repas préparés et pris à domicile) peut expliquer en partie la différence statistiquement significative entre les effets des graisses saturées chez les femmes et les hommes. Le mode de relation entre les autres comportements - alcool, tabac, activité physique - et les complications coronariennes varie probablement selon le sexe.

Les résultats de cette étude peuvent orienter les conseils de prévention du risque coronarien selon le sexe. Chez la femme, il faut en priorité réduire les graisses alimentaires saturées tout en tenant compte des contraintes socio-économiques ; chez l’homme, il faut préconiser l’arrêt du tabac et l’augmentation de l’activité physique.