Le génie génétique, fruit de la biologie moléculaire moderne, permet d’obtenir l’expression dans un organisme dit Génétiquement Modifié (GM) d’un (trans)gène, pas nécessairement originaire de l’espèce. La transgénèse est devenue un pilier de l’industrie alimentaire et pharmaceutique comme de l’amélioration des variétés de plantes cultivées. Un gène déterminant un caractère souhaité est construit in vitro, amplifié dans une bactérie, vérifié, et transféré en un point aléatoire d’un des chromosomes du noyau d’une cellule, laquelle donnera une plante, qui aura une descendance… Le transgène est transmissible à toutes variétés de l’espèce concernée et son nom de code sera donné à toutes celles en ayant hérité. Il y a infiniment plus de différences entre deux variétés conventionnelles qu’entre une variété quelconque et son homologue GM ! Cependant, des groupes hyperactifs de faucheurs et autres prêcheurs de “nature” ont gagné la croyance d’un large public d’électeurs qui font prendre aux politiques des décisions pour le moins hallucinantes.D

 

 

Ainsi, en France, la clause de sauvegarde empêche la culture du maïs MON810, bien que des études sur le terrain aient clairement démontré qu’il permet de diminuer les traitements chimiques contre la pyrale et la sésamie et d’éviter la mortalité d’autres insectes, non nuisibles…

 

 

En revanche, depuis 1998, ce même maïs MON 810 est autorisé à l’importation pour sa transformation en ingrédients (semoule, amidon, huile, pétales) et additifs pour l’alimentation humaine et animale. Plusieurs autres maïs, sojas, colzas, betteraves et des graines de cotonniers GM, sont également importés et transformés, après une rigoureuse expertise collective de la sécurité sanitaire par l’agence européenne (EFSA) et les agences nationales, dont l’ANSES. Des comités d’experts réalisent les évaluations selon des procédures apparentées à celles des médicaments, garantissant l’équivalence en substance de l’OGM (par rapport à un produit conventionnel) et l’absence de tout risque toxique ou allergique. De fait depuis les premières mises sur le marché en 1976, aucun problème sanitaire n’a été signalé avec l’usage alimentaire des produits dérivés d’OGM.

 

 

Mais chez nous OGM est toujours un gros mot… Cherchez l’erreur !

 

 

Partout sauf en Europe, les cultures d’OGM sont en croissance constante (160 millions d’hectares en 2011). Notre vieux continent, lui, prône un retour idéaliste à ce qu’il considère comme la bonne vieille et éternelle nature. Le coût faramineux des dossiers empêche les petits sélectionneurs (ancien fleuron français) de proposer des variétés GM. Nous sommes donc doucement mais fermement relégués dans un conservatoire pendant que le monde avance…

 

 

Francine Casse,
Ancien Professeur de Biologie moléculaire végétale