Overweight in midlife and risk of dementia : a 40 – year follow-up study. Hassing L-B et al, International Journal of Obesity 2009 ; 33 : 893-898

 

Parmi les recherches récentes sur les facteurs prédisposant à la survenue ultérieure d’une démence, certaines ont mis en évidence une association entre un index de masse corporelle (IMC) élevé et le risque de démence. De nombreux points restent cependant à préciser : le risque diffère-t-il selon le sexe? Le risque est-il le même pour la maladie d’Alzheimer et pour les autres types de démence ? Le risque persiste-t-il indépendamment des facteurs de risque vasculaires ?

 

Pour tenter de répondre à ces questions, cette étude suédoise à regroupé les données de deux études sur une cohorte de jumeaux suédois : 1 152 sujets (357 hommes et 795 femmes), âgés de 45 à 65 ans en 1963, furent régulièrement suivis jusqu’en 2005 ou jusqu’à leur décès. L’IMC fut calculé sur les données de 1963, évitant ainsi une sous-estimation liée à l’amaigrissement fréquent lors du début du processus démentiel. Le diagnostic de démence fut établi, et le type de démence précisé, lors du suivi régulier des patients, à l’aide des tests validés, et confirmés en réunion multidisciplinaire.

 

Une démence fut diagnostiquée chez 312 patients (181 maladies d’Alzheimer, 69 démences vasculaires, 62 autres démences), à un âge moyen de 83 ans.

 

L’analyse en régression logistique ajustée pour l’âge, le sexe, le tabagisme et la consommation d’alcool montre une association significative entre l’IMC et le risque de survenue d’une démence : les patients dans le quartile supérieur d’IMC (IMC >= 26,5) avaient un risque de démence augmenté de 59% (RR=1,59), sans différence selon le sexe. Le risque relatif était de 1,71 pour la maladie d’Alzheimer, et de 1,55 pour la démence vasculaire.

 

L’ajustement pour les facteurs de risques vasculaires ne modifiait le risque que pour la démence vasculaire, soulignant le rôle de ces facteurs dans sa survenue.

 

Cette étude confirme le rôle prédisposant d’un surpoids aux âges moyens de la vie dans la survenue ultérieure d’une démence, vasculaire ou non. Le surpoids semble donc augmenter le risque de démence par lui-même, indépendamment des facteurs de risque vasculaire : les mécanismes encause restent à préciser.