Relation of isoflavones and fiber intake in childhood and the timing of puberty; Cheng G et al ; AmJ Clin Nutr, 2010; 92:556-64

 

L’effet protecteur des phytooestrogènes alimentaires sur le cancer du sein semble surtout lié à des apports élevés pendant l’adolescence. Il pourrait s’expliquer par un décalage de l’âge de déclenchement de la puberté. L’adjonction croissante depuis dix ans de dérivés du soja dans les aliments a entrainé une nette augmentation de la consommation d’isoflavones, principale catégorie de phyto-oestrogènes alimentaires, dans les pays industrialisés.

 

Or les aliments riches en isoflavones sont en général riches en fibres alimentaires, parfois associées à un âge plus tardif des premières règles.

 

Les auteurs de cette étude allemande ont suivi 227 enfants (119 filles et 108 garçons) tous les six mois, avec recueil annuel de données alimentaires par pesée sur trois jours, effectués deux et un an avant le début de la puberté.

 

A l’inclusion, les filles avait un âge moyen de 7,2 ans et les garçons de 8,7 ans. Les apports en isoflavones étaient très variables. Les filles ayant un apport élevé en isoflavones (tertile supérieur) débutaient leur puberté 7 à 8 mois plus tard que celles avec un apport faible (tertile inférieur). Chez les garçons, il n’y avait pas de relation entre l’apport alimentaire en isoflavones et l’âge de début de la puberté. De même, il n’y avait pas de relation entre l’apport alimentaire en fibres et l’âge de début de la puberté, chez les filles ni chez les garçons.

 

Cette étude confirme un effet probable des isoflavones alimentaires sur l’âge de déclenchement de la puberté chez des filles issues d’une population à haut niveau socio-économique.

 

Ces données, intéressantes au plan physiologique, ne modifient pas pour l’instant les recommandations nutritionnelles actuelles, qui incitent à la plus grande prudence vis-à-vis des phyto-oestrogènes alimentaires (rapport AFSSA du 9 mars 2005).