La maladie d’Alzheimer correspond à ce que l’on a longtemps appelé la démence sénile. Elle touche environ 8 % des plus de 65 ans et 30 % des plus de 85 ans. Elle se manifeste tout d’abord par des troubles de la mémoire, puis se complique rapidement d’un manque du mot, d’une incapacité à réaliser les actes de la vie quotidienne, de troubles du comportement. Il s’agit d’un processus dégénératif qui met de longues années avant de se manifester cliniquement, d’où l’intérêt des travaux de recherche sur la mise en évidence de facteurs de risque ou de facteurs protecteurs.

La nutrition paraît jouer ici un rôle important.

Selon la théorie radicalaire, le peptide béta-amyloïde est à l’origine de l’apparition de plaques séniles et favorise la production accrue de radicaux libres : d’où les recherches sur les apports en vitamines E et C. Un travail publié en 1997 montre que dans les formes sévères de maladie d’Alzheimer une supplémentation par la vitamine E (2000 UI), versus placebo, diminue la mortalité mais n’améliore pas les tests cognitifs. Des études sont actuellement en cours dans les formes débutantes, chez des sujets présentant simplement un trouble objectif de la mémoire, dont on sait que 10 à 15 % vont évoluer chaque année vers une maladie d’Alzheimer. De nombreuses études épidémiologiques montrent des corrélations positives entre de bonnes fonctions cognitives et des apports plus importants en vitamines (vitamines C, E, B6, B12) et éléments minéraux (notamment le zinc). Ces travaux sont confirmés par les dosages biologiques.

Dans l’eau de boisson, la silice apparaît comme un facteur protecteur, alors qu’au contraire l’aluminium aggraverait le risque : ces données restent cependant à confirmer.

L’homocystéine (qui traduit un déficit en vitamine B12 ou en folate) est en général plus élevée chez des sujets atteints d’une maladie d’Alzheimer.

Enfin, le vin rouge consommé modérément serait, selon l’enquête PAQUID, un facteur protecteur.

De nombreuses pistes méritent donc d’être étudiées quand on connaît le drame que représente la maladie d’Alzheimer, non seulement pour l’individu et sa famille, mais aussi pour la société. En attendant que ces premiers résultats se confirment, le praticien peut déjà conseiller une alimentation diversifiée et l’entretien de l’activité intellectuelle.

 

Pr. Bruno Vellas
CHU Purpan-Casselardit, Toulouse