Mortality and light to moderate alcohol consumption after myocardial infarction.
Muntwyler J. et al., The Lancet 1998 ; 352 : 1882-85.

 

 

Il est établi qu’une consommation modérée d’alcool réduit l’incidence des coronaropathies liées à l’artériosclérose, et diminue la mortalité cardio-vasculaire. Cette prévention primaire (diminution du premier accident) est-elle associée à un rôle de l’alcool en prévention secondaire, c’est à dire lorsqu’un premier accident a eu lieu ? C’est l’hypothèse qu’ont exploré J. Muntwyler et al. aux USA.

Ils ont suivi 5358 hommes d’âge moyen de 62 à 65 ans pendant cinq ans au-delà de leur infarctus du myocarde. Les malades étaient classés selon leur consommation d’alcool en cinq groupes : jamais d’alcool, une à quatre fois par mois, deux à six fois par semaine, une fois par jour, deux ou plus de deux fois par jour. Ces malades possédaient les facteurs de risque habituels d’infarctus du myocarde.

Après cinq ans de suivi, 17 % de ces malades sont morts, dont 13 % de maladies cardio-vasculaires et 5,5 % d’infarctus du myocarde. Le risque le plus bas de décès fut relevé dans les groupes “deux à six fois par semaine” et “une fois par jour” (0,72 et 0,79). Le risque relatif de décès par maladies cardio-vasculaires s’est révélé également plus bas dans les groupes “deux à six fois par semaine” et “une fois par jour” (0,76 et 0,83). Ceci n’était pas contrebalancé, au contraire, par un accroissement du risque relatif de décès par cause non cardio-vasculaire (risque relatif 0,61 et 0,66.) Ces résultats furent vérifiés tant pour les malades âgés de moins de 65 ans que pour les malades plus âgés.

Il n’y a pas de doute : un verre, ça va. Restent deux questions : quelle boisson alcoolique consommer ? Et quels seraient les résultats d’une étude comparable sur une population féminine ?

 

Le poids de l’hyperhomocystéinémie chez l’homme âgé

 

Serum homocysteine and risk of coronary heart and cerebrovascular disease in elderly men : a 10-year follow-up. Stehouwer CDA et al. Arterioscler. Thromb.
Vasc. Biol. 1998 ; 18 : 1895-1901.

 

 

L’hyperhomocystéinémie (>17 µmol/l) est un facteur de risque indépendant de maladies cardio-vasculaires dégénératives (coronaropathie, accident vasculaire cérébral) chez le sujet d’âge moyen. L’étude de Stehouwer et al. a porté sur 878 sujets de plus de 64 ans à l’admission (64-84 ans, âge moyen : 71 ans) et suivis pendant 10 ans. L’homocystéinémie était mesurée à l’inclusion. Parmi ces sujets, 36 % avaient une hyperhomocystéinémie. L’analyse statistique permit de définir le risque relatif propre d’une hyperhomocystéinémie, les autres facteurs de risque étant constants (cholestérol total et HDL, surpoids, diabète, HTA).

Après 10 ans, les 268 sujets ayant le tertile d’homocystéinémie le plus élevé (23 µmol/l) avaient un risque relatif (RR) d’infarctus du myocarde de 1,81; (p < 0,03); un RR de mort par infarctus de 1,58 (non significatif ; p = 0,09); un RR de mort subite de 4,6 (p = 0,002). Ces patients avaient aussi un RR d’accident vasculaire cérébral élevé, avec un RR de mort par accident vasculaire cérébral de 6,18 (p<0,0003) en l’absence d’HTA (il s’agissait donc plutôt d’accidents ischémiques qu’hémorragiques).

Cette étude montre sans discussion que l’hyperhomocystéinémie (>17 µmol/l chez le sujet âgé) est un facteur déterminant du risque de maladies coronarienne et vasculaire cérébrale liées à l’artériosclérose.

Connaissant la fréquence des carences d’apport et des carences biologiques en vitamine B9 (l’acide folique) chez le sujet âgé de plus de 70 ans, et sachant par ailleurs qu’un déficit en acide folique favorise l’hyperhomocystéinémie, il serait utile de mettre en place une étude prospective contrôlée contre placebo chez les hommes âgés pour savoir si une supplémentation “à dose physiologique” en acide folique diminue ces risques.