Owen C.G et al, PEDIATRICS 2005; 115 :1367 - 1377

 

Depuis longtemps, la question se pose de la responsabilité de l’alimentation infantile sur le développement futur de l’individu. Une revue de bibliographie a étudié soixante et une publications sur la relation entre alimentation du 1er âge et obésité.

 

Parmi elles, vingt-huit ont estimé le risque relatif d’obésité et conclu à une relation inverse entre l’allaitement au sein et l’obésité, comparativement aux enfants nourris avec des laits artificiels. Les trois principaux facteurs de confusion (milieu défavorisé, obésité parentale et tabagisme maternel) réduisaient cette relation inverse sans l’annuler. L’effet protecteur de l’allaitement maternel s’avérait plus important lorsque l’allaitement avait au moins duré deux mois.

L’analyse des trente-trois autres études (n’estimant pas le risque relatif d’obésité) ne remettait pas en cause ces résultats.

 

Le faible poids de naissance est également un facteur favorisant l’obésité, soit par une adaptation métabolique in utero (phénotype économe) soit parce que ces enfants sont le plus souvent nourris avec des laits artificiels.

 

Les auteurs de cette revue de bibliographie émettent l’hypothèse que l’effet protecteur de l’allaitement au sein sur l’obésité provient de son action sur le niveau des ingesta, la sécrétion d’insuline et la modulation des adipocytes, indépendamment de l’alimentation et de l’activité physique ultérieures.

 

L’obésité de l’enfant trouve donc probablement une partie de ses origines dès les premiers jours de la vie, voire même avant la naissance !