L’impact potentiel du concept de programmation justifie l’amplification de la recherche dans ce domaine. Trois projets cofinancés par la Commission Européenne sont destinés à améliorer nos connaissances dans le domaine des relations entre nutrition fœtale et alimentation au cours de la première enfance, et bénéficessanté plus tard dans la vie.

 

1. Etude CHILDHOOD OBESITY – Early Programming by Infant Nutrition (www.childhood-obesity.org). Des doutes persistent quant au rôle de l’apport protéique sur le risque ultérieur d’obésité. Chez l’animal, l’apport de quantités importantes de protéines après la naissance n’est pas associé à une prévalence accrue d’obésité. L’étude, réalisée dans cinq pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie et Pologne) dans le cadre du EU Childhood Obesity Programme, a pour objectif d’évaluer le rôle de l’apport précoce en protéines sur la croissance au cours de la petite enfance et le risque ultérieur d’obésité. Il s’agit de comparer la croissance et le risque d’obésité de deux groupes d’enfants nourris depuis la naissance avec deux types de laits dont seule la teneur en protéines est différente. Cette étude longitudinale inclut plus de 1100 nourrissons suivis de la naissance à l’âge de 8 ans. Les nourrissons au sein formant le groupe contrôle sont bien sûr exclus de la randomisation.

 

2. Étude PERILIP (www.wye.ie.ac.uk/Perilip). Une carence en certains acides gras essentiels pourrait jouer un rôle dans la physiopathologie du retard de croissance intra-utérin, qui atteint environ 5 % des fœtus, et dans les anomalies du développement postnatal. L’étude PERILIP sur les lipides en nutrition périnatale pourrait aboutir à des recommandations nutritionnelles pendant la grossesse et à une optimisation de la composition des préparations lactées pour prématurés.

 

3. Étude TRIGR [Trial to Reduce Insulin-Dependent Diabetes in the Genetically at Risk (www.trigr.org)]. Cette étude internationale a pour but de déterminer si l’éviction des protéines du lait de vache de l’alimentation pendant les 6 premiers mois de la vie réduit l’incidence du diabète de type 1 chez des enfants à haut risque génétique et/ou l’apparition d’auto-anticorps associés au diabète à l’âge de 6 ans et de 10 ans. Des expérimentations animales suggèrent en effet que les protéines de lait de vache hydrolysées n’ont plus d’effet diabétogène. Les résultats de cette étude ne seront pas connus avant 2012.