“Disordered eating behavior and microvascular complications in young women with insulin-dependent diabetes mellitus”.
Rydall AC. et al., N Engl. J Med 1997 ; 336 : 1849-54.

 

Le diabète de type 1 est une lourde charge pour une adolescente. On lui dit de ne pas manger trop, ni trop de sucres. Ce qui peut déséquilibrer le comportement alimentaire et modifier l’équilibre à long terme du diabète. Pour juger de la relation entre les troubles du comportement alimentaire et le retentissement microvasculaire du diabète, ces auteurs de Toronto (Canada) ont suivi 91 jeunes filles de 15 +/- 2 ans pendant 5 ans.

Vingt neuf pour cent de ces jeunes filles avaient des troubles du comportement alimentaire. Il existait un lien statistique entre les troubles du comportement alimentaire au début de l’étude et la sévérité de la rétinopathie 5 ans plus tard. Une progression de la rétinopathie était notée chez 24% des malades sans trouble du comportement alimentaire, chez 43% des malades ayant des troubles modérés et chez 86% des malades ayant des troubles sévères. Lorsqu’on est une jeune fille diabétique, il vaut donc mieux adapter son insuline à son alimentation, plutôt qu’augmenter l’insuline et trop restreindre son alimentation en sucres et graisses.

 

Beaucoup plus de vitamines, un peu moins d’espérance de vie

 

“Randomized trial of alpha tocopherol and beta carotene supplements on incidence of major coronary events in men with previous myocardial infarction”.
Rapels JM et al, Lancet 1997 ; 349 : 1715-20.

 

 

Une alimentation riche en fruits et légumes, donc en alpha-tocophérol et bêta-carotène, substances apparentées aux vitamines A et E, est associée à un moindre risque de cancers (colon) et de coronaropathie, ces vitamines ayant des propriétés anti-oxydantes. Dans une étude Finlandaise, prospective, avec tirage au sort et double placebo, les auteurs ont suivi 1862 hommes d’âge mûr (60 +/- 4 ans) soumis initialement à une supplémentation en alpha-tocophérol (50 mg/j), bêta-carotène (20 mg/j), les deux ou rien. Les malades étaient des fumeurs (40 paquets/année), plutôt gros (indice poids/taille2 : 26,5), avaient déjà fait un infarctus du myocarde, et ont été suivis 5 ans.

Les 424 accidents coronariens survenus se répartissaient harmonieusement entre les 4 groupes. Les infarctus du myocarde mortels étaient cependant plus fréquents sous supplémentation en vitamine A, ou A et E, que sous placebo. Le risque relatif corrigé était de 1,75 (vitamine A) et de 1,6 (vitamines A + E) respectivement (p<0,03).

Cette étude confirme les résultats d’une étude prospective américaine, et contredit en partie ceux de l’étude anglaise sur la vitamine E, où l’alpha- tocophérol protégeait de l’infarctus, mais pas des infarctus mortels. Il commence à devenir clair que des “mégadoses” de vitamine E n’assurent pas une protection du 2ème accident coronarien, et que la prévention secondaire de l’infarctus ne passera pas, chez les hommes fumeurs d’âge mûr, par la vitamine A.