La surcharge pondérale, en 2011, concerne plus de 15% des enfants. Si elle est associée chez l’adulte à un risque augmenté de maladies métaboliques, ce n’est pas le cas chez les plus jeunes. En effet, les complications les plus fréquentes ne sont pas celles que l’on croit et les nombreuses idées reçues les concernant conduisent souvent à inquiéter inutilement les familles et à prescrire des examens sans intérêt.

 

 

Les parents craignent principalement le diabète de type 2. Or il reste exceptionnel (<1%) et ne concerne que certaines populations à risque. L’hypertension artérielle touche moins de 2% des enfants obèses. S’il est important de vérifier la tension artérielle en consultation, il est aussi important de savoir qu’il n’est pas rare qu’une élévation de la pression artérielle soit trouvée lors d’une première consultation mais pas lors des suivantes.

 

 

En revanche, d’autres complications plus fréquentes et justifiant une prise en charge rapide sont parfois ignorées ou banalisées.

 
C’est le cas de l’épiphysiolyse de hanche, source de douleurs chroniques de la hanche ou du genou avec boiterie à la fatigue. Elle justifie un traitement chirurgical en urgence pour éviter l’évolution vers la nécrose de la tête fémorale. Deux fois plus fréquent chez l’enfant obèse, l’asthme peut passer inaperçu dans la mesure où la mauvaise tolérance de l’effort physique est une plainte fréquente. Il est donc indispensable de rechercher systématiquement une dyspnée inhabituelle lors des activités physiques et surtout une toux à l’effort. Le syndrome d’apnées du sommeil, complication potentiellement grave, atteint surtout les enfants ayant une obésité sévère. Il doit être suspecté devant des ronflements nocturnes avec reprises inspiratoires bruyantes mais aussi des cauchemars ou une agitation nocturne inhabituels, une énurésie secondaire, des céphalées matinales voire une agitation avec difficultés d’apprentissage. Enfin, on ignore trop souvent la souffrance psychologique, à l’origine le plus souvent multifactorielle : conflits avec les parents, mauvaise estime de soi, stigmatisation à l’école, gène esthétique en cas de pseudohypogénitalisme ou d’adipogynécomastie chez l’adolescent. La surcharge pondérale, en 2011, concerne plus de 15 % des enfants. Si elle est associée chez l’adulte à un risque augmenté de maladies métaboliques, ce n’est pas le cas chez les plus jeunes. En effet, les complications les plus fréquentes ne sont pas celles que l’on croit et les nombreuses idées reçues les concernant conduisent souvent à inquiéter inutilement les familles et à prescrire des examens sans intérêt.

 

 

Les parents craignent principalement le diabète de type 2. Or il reste exceptionnel (<1%) et ne concerne que certaines populations à risque. L’hypertension artérielle touche moins de 2% des enfants obèses. S’il est important de vérifier la tension artérielle en consultation, il est aussi important de savoir qu’il n’est pas rare qu’une élévation de la pression artérielle soit trouvée lors d’une première consultation mais pas lors des suivantes.

 

 

Il est donc capital de voir l’obésité de l’enfant comme une maladie spécifique sans faire d’adultomorphisme, et de s’attaquer aux réelles complications de cette maladie.

Dr Béatrice Dubern
Nutrition Pédiatrique,
Hôpital Armand-Trousseau, AP-HP, Paris