A prospective study of the role of depression in the development and
persistence of adolescent obesity.
Goodman E., Whitaker R.C.; Pediatrics, 2002;109: 497-504

 

L’obésité est, chez l’adulte, génératrice de dépression. La dépression pendant l’enfance et l’adolescence augmente le risque d’obésité à l’âge adulte (voir revue de presse ON 59). Mais existe-il une relation causale entre dépression et obésité ? C’est ce qu’a cherché à déterminer cette étude menée aux USA sur plus de 900 adolescents, suivis pendant un an.

 

À l’entrée dans l’étude, 9,7% des adolescents étaient obèses ; l’obésité n’était pas associée à la dépression. Après un an, l’obésité était plus fréquente chez les adolescents initialement déprimés : 12,4% chez les déprimés contre 9,4% chez les non-déprimés (p=0,048). Chez les non-obèses, la dépression doublait le risque d’obésité à un an. Chez les déprimés initialement obèses, l’obésité s’aggravait à un an. À l’inverse, l’obésité initiale ne favorisait pas la dépression ultérieure.

 

Cette étude démontre une relation entre dépression et obésité à l’adolescence, relation indépendante d’autres facteurs comme un faible niveau d’activité physique, une obésité chez les parents ou un bas niveau socioculturel. Obésité et dépression peuvent partager certains mécanismes neurophysiologiques, notamment sérotoninergiques ; ceci ne concernerait qu’un sous-groupe assez restreint de déprimés. Les auteurs recherchent plutôt les causes de cette relation dans l’environnement ; ainsi la diminution du niveau d’activité physique, l’accroissement de l’isolement social et des inégalités socio-économiques pourraient rendre compte du développement concomitant de l’obésité et de la dépression. C’est sur ces facteurs que devraient porter, avant tout, les efforts de prévention pendant l’enfance et l’adolescence.