Long term relation between breastfeeding and development of atopy and asthma in children and young adults: a longitudinal study. Sears M.R. et al, Lancet 2002, 360: 901-907

 

L’allaitement maternel est réputé protéger les enfants de l’asthme et autres manifestations atopiques. L’examen des travaux à l’origine de cette assertion révèle des biais méthodologiques indéniables. De plus, certains travaux récents ont plutôt conclu à un accroissement du risque atopique chez les enfants allaités.

 

Cette étude néo-zélandaise a suivi prospectivement plus de 1000 enfants nés entre avril 1972 et 1973, de l’âge de 3 ans à l’âge de 26 ans.
L’allaitement d’une part, l’atopie respiratoire et cutanée d’autre part, furent évalués par des équipes indépendantes et selon des critères très stricts.

Parmi les 1037 enfants suivis, 504 avaient été allaités et 533 ne l’avaient pas été. Entre 13 et 21 ans, les enfants allaités étaient le plus souvent allergiques aux chats, aux acariens et aux pollens (risque relatif = 1,94). Entre 9 et 26 ans, les enfants allaités étaient plus souvent asthmatiques (risque relatif = 1,83). Cette différence n’était pas due aux antécédents maternels d’asthme, ni au tabagisme parental.

 

Il semble donc que l’allaitement ne protége pas à long terme de l’asthme et des allergies, mais les favorise. Le mécanisme invoqué serait une diminution de l’exposition de l’enfant aux bactéries et toxines en raison de la protection assurée par le transfert passif des immunoglobulines maternelles par le lait : selon l’hypothèse “hygiéniste” actuelle, cette moindre stimulation antigénique bactérienne déséquilibrerait le système immunitaire en faveur de réactions de type allergique.

D’après cette théorie, l’allaitement ne peut pas à la fois protéger des infections et des allergies. Continuons donc à le préconiser pour protéger le nouveau-né des infections et lui assurer une nutrition optimale !