Association between child and adolescent television viewing and adult health : a longitudinal birth cohort study. Hancox R.J., Milne B.J., Poulton R. Lancet 2004; 364 : 257-262

 

Dans les pays développés, le temps passé par les enfants et les adolescents devant la télévision atteint plusieurs heures par jour. Ce temps a été associé chez l’enfant et l’adolescent, à une moins bonne forme physique, à l’obésité, à l’hypercholestérolémie et au tabagisme. Cependant, les effets à long terme de la télévision n’avaient pas encore été étudiés : c’est ce qu’a entrepris cette étude néo-zélandaise.

Les enfants nés à Dunedin entre avril 1972 et mars 1973 ont été régulièrement suivis de l’âge de 3 ans à l’âge de 26 ans. L’exhaustivité de l’étude était quasi parfaite, puisque 91% des enfants nés à Dunedin ont été inclus au départ et 96% des survivants revus à l’âge de 26 ans. Le temps passé devant la télévision a été évalué par les parents à l’âge de 5, 7, 9 et 11 ans, puis par les adolescents eux-mêmes à 13, 15 et 21 ans. À l’âge de 26 ans, l’état de santé a été apprécié par l’indice de masse corporelle, la tension artérielle, la capacité à l’effort (VO2 max), le tabagisme, la cholestérolémie. Le temps moyen passé devant la télévision était de 1,9 heure par jour entre 5 et 7 ans et augmentait ensuite pour atteindre un maximum de 3,9 heures à 13 ans. Il décroissait ensuite à 3,6 heures à 15 ans et 3 heures à 21 ans. 61% des participants avaient regardé la télévision plus de 2 heures par jour entre 5 et 15 ans. Le temps passé devant la télévision entre 5 et 15 ans était corrélé à un moins bon état de santé à 26 ans : ainsi “beaucoup regarder la télévision” était statistiquement associé au surpoids, au tabagisme, à l’hypercholestérolémie et à une moindre capacité à l’effort. Il n’y avait en revanche pas d’association avec la tension artérielle. Ces associations persistaient après ajustement pour les autres facteurs de risques.

Cette étude n’a pu déterminer la “dose quotidienne” de télévision sans risque ultérieur pour la santé ; cependant, l’Académie de Pédiatrie des USA recommande de limiter la télévision à 2 heures par jour au maximum, ce qui semble raisonnable aux auteurs. Bien que cette étude nous vienne des antipodes, ses conclusions n’ont rien de “renversant” : confirmant scientifiquement ce que suggère le bon sens, elles doivent inciter parents et acteurs de santé à limiter chez les enfants le temps passé à regarder la télévision. Dans ce domaine comme dans d’autres, les adultes devraient peut-être montrer l’exemple, pour le plus grand bénéfice de leur progéniture et d’eux-mêmes !