Randomized placebo-controlled trial of orlistat for weight loss and prevention of weight regain in obese patients.
Sjöström L. et al. Lancet 1998; 352 : 167-73.

 

 

Le traitement de l’obésité par l’adminis-tration d’anorexigènes d’action centrale ou digestive reste bien décevant. D’où la recherche de substances visant à s’opposer à l’absorption digestive des matières grasses alimentaires.

L’étude multicentrique de Sjöström et al. pilotée par les laboratoires Hoffman La Roche, a porté sur 2 groupes de 340 patients obèses (IMC entre 28 et 47 kg/(m)²) traités en double insu pendant 2 ans soit par un inhibiteur de la lipase pancréatique (orlistat : 40 mg aux 3 repas) soit par placebo. Initialement, ils pesaient en moyenne 100 kg (IMC : 36 kg/(m)²).

Les patients suivaient la première année un régime hypocalorique calculé sur la base de leurs besoins énergétiques estimés moins 600 kcal/j. Le modèle diététique comprenait 30% de lipides. La deuxième année, les patients suivirent un régime dit “de maintenance”, et le traitement (orlistat ou placebo) fut réattribué par tirage au sort.

Après un an, les patients traités par régime et orlistat avaient perdu en moyenne 10,3 kg contre 6,1 kg dans le groupe régime plus placebo (P<0,001). A la fin de la deuxième année, sous régime de maintenance, les patients mis à l’orlistat perd i rent 0,9 kg supplémentaire tandis que ceux poursuivant le placebo reprirent 2,5 kg. Les patients qui étaient sous orlistat et y restèrent avaient repris, à la fin de la deuxième année, 2,2 kg tandis que ceux qui furent mis sous placebo re p r i rent 4,6 kg (soit 2,4 kg de différence entre les 2 groupes). On peut en déduire que le traitement par orlistat a un effet statistiquement significatif; que les patients sous orlistat (et régime) perdent du poids doucement, au rythme de moins de 1 kg par mois et que la deuxième année, quand le régime est élargi, les choses se dégradent un peu. Et qu’enfin, tout a un prix : il est ici, pour 120 mg/j, d’environ 600 F/mois.

 

Quand les parents mangent, les enfants grossissent…
 

Parents as the exclusive agents of change in the treatment of childhood obesity.
Golan M. et al. Am. J. Clin Nutr. 1998 ; 67 : 1130-5.

 

En se fondant sur le fait que le comportement d’un enfant dépend du comportement de toute la famille, cette équipe a voulu connaître l’effet d’une prise en charge exclusive des parents par rapport à une prise en charge exclusive de l’enfant obèse.

Soixante enfants âgés de 6 à 11 ans, de poids supérieur de 20 % aux recommandations de poids pour l’âge, la taille et le sexe, ont été répartis en 2 groupes de 30. Dans le groupe expérimental, les parents ont pendant un an reçu une éducation nutritionnelle, comportementale (activités physiques) et cognitive. Dans le groupe contrôle seul l’enfant a été pris en charge.

A la fin de l’année, 29 familles du groupe expérimental ont adhéré au protocole alors que seulement 21 enfants du groupe contrôle ont terminé leur programme. Dans le groupe expérimental 79 % des enfants ont perdu plus de 10 % de leur excès de poids et 35 % ont rejoint le statut de non obèse, alors que dans le groupe contrôle seulement 38 % ont perdu 10 % de l’excès de poids et seulement 14 % ont rejoint le statut de non obèse.

Six mois plus tard on retrouve une différence significative : dans le groupe contrôle les enfants maintiennent seulement 40 % de leur perte de poids tandis que dans le groupe expérimental ils en maintiennent 85 %.

On peut expliquer ces différences par le fait que dans le groupe expérimental la famille est traitée dans son ensemble, alors que dans le groupe témoin les enfants, très frustrés, ont trouvé pratiquement impossible de résister à la tentation.

Le traitement de l’obésité de l’enfant par une prise en charge de toute la famille a donc plusieurs avantages : une meilleure adhésion au traitement, une perte de poids plus importante, une meilleure stabilité pondérale à long terme et une éventuelle perte de poids chez les parents.