Medical Students learn to cater for healthy appetites – Payne D., The Lancet, 2002, 359 : 1220

 

Les étudiants qui se destinent à devenir médecins n’ont pas nécessairement de meilleures habitudes alimentaires que les autres. Pourtant, compte tenu des relations entre alimentation et santé, le conseil diététique représentera une part croissante de leur pratique.

Ainsi, une enquête portant sur deux mille diabétiques révèle que la moitié d’entre eux n’ont jamais pu profiter de conseils hygiéno-diététiques (alimentation, exercice physique, arrêt du tabac) alors qu’il leur était recommandé de contrôler “leurs facteurs de risque cardio-vasculaire”. Une étude canadienne portant sur l’analyse de la consommation de fruits et légumes rapporte que les jeunes filles ayant quitté l’école avant 18 ans et dont les revenus sont bas, consomment plus de fruits et légumes que les cadres célibataires, d’âge moyen, dont les revenus sont situés dans la tranche supérieure. Le manque de savoir-faire culinaire pour accommoder les aliments peut expliquer, en partie, cette différence de consommation.

 

D’où l’initiative du service d’épidémiologie et de médecine préventive de l’université du Maryland (USA) : proposer dans le cursus médical des cours de cuisine “cooking classes for healthy living”. Ces “classes de cuisine” orientées vers la pratique ont plus d’impact que la lecture d’une recette diététique. Le professeur est un authentique chef et les paillasses sont des fourneaux. Au programme, des “menus pour tous” visant à améliorer l’équilibre alimentaire : par exemple, moins de graisses saturées, plus de fibres pour diminuer les facteurs de risques et prévenir les maladies cardio-vasculaires. La majorité des vingt-cinq étudiants qui ont suivi les cours ont déclaré se sentir alors beaucoup plus en confiance pour conseiller leur patients, y compris dans le choix des ingrédients et des recettes. Leur propre alimentation s’est significativement améliorée, notamment la consommation de fibres. Un exemple que d’autres universités, comme le King’s College de Londres, commencent à suivre.

Mais pourquoi limiter cette initiative aux futurs médecins ? À quand les cours de cuisine à l’école ?