Systematic review of the relationship between early introduction of solid foods to infants and the development of allergic disease.Tarini BA, Carroll AE, Sox CM, Christakis DA. Arch Pediatr Adolesc Med. 2006;160:502-507.

 

L’âge de la diversification alimentaire des nourrissons a beaucoup évolué au cours du XXème siècle : 1 an en 1900, quelques semaines dans les années cinquante, 4 mois selon les recommandations actuelles des autorités sanitaires. Ces recommandations reposent sur quelques études concluant qu’une diversification précoce favoriserait les allergies. Les auteurs ont entrepris une revue systématique des études publiées sur le sujet, pour tenter de valider ou non cette question très débattue.

 

Parmi toutes les publications en langue anglaise depuis 1966, 13 études répondaient aux critères prédéfinis : introduction d’un aliment autre que le lait avant 4 mois, existence d’un groupe témoin, absence d’intervention visant à réduire les allergies, définition précise des manifestations allergiques recherchées : asthme, eczéma, allergie alimentaire, rhinite allergique, allergie aux pollens, allergies aux poils de chiens et de chats.

 

Parmi les 9 études sur l’eczéma, 5 retrouvèrent une relation positive entre eczéma et diversification précoce, relation persistant à 10 ans dans l’une d’elle. Une autre Diversification alimentaire et allergies chez l’enfant étude conclut également à une relation positive entre l’allergie aux pollens à l’âge de 5 ans (prouvée par tests cutanés) et une diversification précoce. Les autres résultats étaient négatifs : aucune association ne fut retrouvée pour les autres manifestations allergiques.

 

L’hétérogénéité de ces 13 études et leurs importantes lacunes méthodologiques font conclure aux auteurs de cette revue systématique que le risque allergique d’une diversification alimentaire précoce est loin d’être prouvé. Ils recommandent pour l’instant aux praticiens de ne pas conseiller une diversification avant 4 mois, mais également de ne pas diaboliser celle-ci, notamment en ce qui concerne le risque allergique ultérieur.