Maigrir de trois kilos en 10 jours ! C’est le rêve de toute femme un peu à l’étroit dans sa garde-robe. C’est aussi le slogan prometteur de “produits miracles”, qu’ils soient soupes, biscuits, crèmes ou boissons suaves. C’est simple : on achète, on applique la formule magique et ça marche… Pas dans tous les cas.

D’abord parce que tous ces produits, s’ils ont la même cible, ne sont pas identiques. Un décret de 1975 publié au journal officiel en 1977 définit en effet : -1- Les aliments appauvris en glucides ou en lipides et éventuellement enrichis en protides. Cependant bon nombre de ceux-ci sont encore trop riches en sucre.

-2- Les substituts de repas qui, pour une portion de 330 calories, doivent apporter 30g de protéines et moins de 10% de calories en glucides simples. Mais surtout parce que la nutrition est une science ingrate : il ne suffit pas toujours de manger moins pour maigrir. Et si on a vu depuis quelques temps deux talentueuses actrices fondre dans nos tubes cathodiques en se délectant d’une boisson onctueuse, la recette ne peut être la même pour tout le monde. Quand on travaille toute la journée dans un bureau, prenant pour tout repas de midi ces fameux substituts, l’après-midi est bien longue et sur le chemin du retour, les tentations nombreuses ; et si on a su y résister, c’est souvent pour mieux se ruer sur le réfrigérateur en rentrant chez soi. Dans une démarche rigoureuse prenant en compte la vie affective, sociale et professionnelle du patient on peut cependant être amené à prescrire des substituts de repas. Au petit déjeuner par exemple, car leur teneur en protéines permet d’éviter la fatigue de 11 heures.

Dans certaines catégories professionnelles où il est difficile de s’alimenter “normalement”, comme chez les hôtesses de l’air ou les travailleurs de nuit, le substitut de repas fait relais entre deux repas pris à table. On peut aussi en conseiller l’usage un à deux soirs par semaine, en remplacement du dîner, pour renforcer l’efficacité d’un régime toujours fondé sur la correction des erreurs alimentaires.

Alors, miraculeux, les substituts de repas ? Non. Ils ne sont que des outils. Encore faut-il savoir utiliser les bons et dans les bonnes circonstances.

 

Docteur Agnès Mouton
Nutritionniste-endocrinologue