Maternal seafood consumption in pregnancy and neurodevelopmental outcomes in childhood (ALSPAC study) : an observational cohort study.
Hibbeln J.R. et al. Lancet 2007 ; 369 : 578 - 85

 

Le développement neurologique et cognitif optimal du fœtus dépend, entre autres, des apports en acides gras ω3 et en DHA. Les poissons et fruits de mer en sont la source essentielle.

 
Cependant, en 2004, les autorités sanitaires aux USA ont recommandé de limiter les apports en poissons et fruits de mer chez les femmes enceintes à 340 g par semaine, pour réduire le risque d’exposition fœtale à certains contaminants neurotoxiques (méthylmercure, notamment). Les poissons et fruits de mer ont donc deux effets potentiellement opposés sur le développement neurologique du fœtus.

 

Afin de déterminer dans quel sens la consommation maternelle de poissons et maternelle de poissons et fruits de mer influait sur le développement fœtal, cette étude observationnelle britannique a suivi 11 875 femmes enceintes et leur enfant jusqu’à l’âge de 8 ans. L’enquête alimentaire fut effectuée à 32 semaines de grossesse. Les mères remplirent un questionnaire sur le développement et le comportement de leur enfant à 6, 18, 30, 42 et 81 mois. Enfin, le quotient intellectuel des enfants fut évalué à l’âge de 8 ans.

 

La consommation maternelle de poissons et fruits de mer se répartissait entre 0 et 3 268 grs par semaine, avec une consommation moyenne de 235 ± 202 grammes par semaine. Douze pour cent des femmes ne consommaient pas de poisson, 65 % en consommaient 1 à 340 g/semaine, et 23% plus de 340 g/semaine.

 

Les résultats furent ajustés selon un certain nombre de facteurs environnement aux influant sur le développement neurologique et cognitif des enfants. Ils révélèrent un risque plus important de développement neurologique et cognitif insuffisant chez les enfants de mères ayant une consommation maternelle de poisson inférieure à 340 g/semaine par rapport aux enfants de mères ayant consommé plus de 340 g/semaine de poisson.

 

Cette étude ne retrouve donc pas d’effet délétère d’une consommation maternelle de poisson supérieure à 340 g/semaine pendant la grossesse : au contraire, une consommation supérieure à 340 g/semaine se révèle bénéfique pour le développement neurologique et cognitif des enfants. Les différents biais envisagés ne remettent pas en cause cette conclusion. À noter, tout de même, que le quotient intellectuel des mères n’a pas été évalué dans cette étude.
Sauf à penser que les poissons britanniques soient très différents de ceux du reste du monde, il ne semble donc pas judicieux de limiter la consommation de poisson des femmes enceintes ou susceptibles de l’être.