La prévention de l’insuffisance de minéralisation osseuse et l’obtention d’un pic de densité minérale osseuse (DMO) maximal chez les jeunes adultes, sont devenus un objectif majeur de Santé publique pour prévenir les ostéoporoses sévères du grand âge. Pourtant, certains s’obstinent à mettre en garde contre de prétendus dangers que feraient courir lait et produits laitiers, bien qu’eux seuls assurent les apports recommandés en calcium (Ca) chez l’enfant et l’adolescent. Ils s’avèrent aussi une source particulièrement précieuse de protéines et de calcium pour les personnes âgées.

 

Chez l’adolescent, aux besoins très élevés en raison d’une croissance osseuse et d’une augmentation de DMO importantes, deux grands instituts américains (NSF et NIH) estiment que les recommandations devraient être portées à 1300-1500 mg de Ca par jour entre 11 et 24 ans, ce qui est bien supérieur aux Apports Nutritionnels Conseillés français (1200 mg/jour). Une étude interventionnelle de J-P. Bonjour chez des jeunes filles prépubères démontre la supériorité du phosphate de calcium du lait qui, outre l’augmentation de DMO attendue, entraîne en plusieurs sites une augmentation des volumes osseux avec une rémanence de ces effets plus de trois ans après l’arrêt de la supplémentation. Les autres sels de calcium ne donnent pas les mêmes résultats : le lait, en apportant calcium, phosphate et protéines, apparaît comme l’aliment approprié pour une croissance osseuse optimale.

 

Sur quels arguments s’appuient les opposants au lait ? Le nombre considérable de travaux montrant les effets bénéfiques du lait et des laitages amène à rapprocher les positions de ses ennemis de celles des opposants aux vaccinations qui s’obstinent dans un combat absurde. Les intolérances aux protéines du lait de vache ne concernent que 2 à 5 % des nourrissons et disparaissent en règle générale avant deux ans. Les intolérances au lactose, secondaires, génétiquement déterminées, frappent de façon très variable les populations : 5 à 10 % des Européens, mais 90 à 100 % de certaines populations asiatiques et africaines où elles épargnent les populations pastorales. Le déficit secondaire en lactase, qui en est responsable, n’apparaît qu’après l’âge du sevrage, n’est pas complet et permet de consommer une certaine quantité de lait. Les fromages affinés, pratiquement dépourvus de lactose, les yaourts en règle générale bien tolérés, voire les laits délactosés, permettent de satisfaire aux apports souhaitables.

 

Rien, malgré le grand nombre d’études déjà publiées, ne permet d’attribuer au lait un rôle particulier dans les risques de diabète, de polyarthrite chronique, de sclérose en plaques ou d’athérosclérose… Les laits et laitages du commerce, très contrôlés sur le plan des contaminants microbiologiques et chimiques (aflatoxine, pesticides, métaux lourds, radionucléides…), constituent donc non seulement des aliments très utiles, mais aussi très sécurisés.

 

Pr M. VIDAILHET
Hôpital d’Enfants
CHU Nancy