Effects of long-term vitamin E supplementation on cardiovascular events and cancer. A randomized controlled trial. The HOPE and HOPE-TOO trial investigators. JAMA 2005, 293: 1338-1347

 

Les vitamines anti-oxydantes s’opposent au “stress oxydatif” impliqué dans l’athérogenèse et la carcinogenèse. Parmi celles-ci, la vitamine E a été testée sans succès dans plusieurs études, peut-être en raison d’une durée de suivi des patients trop courte. Dans cette optique, l’étude HOPE TOO est une extension de l’étude HOPE, cette dernière n’ayant pas montré d’effet protecteur de la vitamine E sur les accidents cardio- vasculaires après 4,5 ans de suivi moyen.

 

Parmi les 267 centres participants à HOPE, 174 acceptèrent de participer à HOPE TOO. Ces centres avaient initialement inclu 7030 patients dans HOPE, dont 3994 acceptèrent de participer à HOPE TOO. La durée moyenne de suivi des patients fut de 7 ans.

 

Les patients ayant accepté de participer à HOPE TOO étaient comparables à ceux n’y ayant pas participé. La compliance au traitement fut bonne, comme en attestèrent le comptage des comprimés et l’élévation du taux sérique de vitamine E chez les patients en recevant. Les résultats de cette étude bien menée ont, cependant, été négatifs : aucun effet significatif de la vitamine E ne fut retrouvé, tant sur l’incidence des cancers et des décès par cancers que sur celle des accidents cardio-vasculaires.

 

En revanche, les poussées d’insuffisance cardiaque et les hospitalisations pour insuffisance cardiaque furent plus nombreuses dans le groupe vitamine E (14,7 %) que dans le groupe placebo (12,6 %) (p<0,007), soit un risque majoré de 19 %. Cet effet indésirable, confirmé par l’échographie cardiaque, est pour l’instant mal expliqué.

 

Quoiqu’il en soit et comme le concluent sagement les auteurs, cette étude montre une fois de plus que les “produits naturels”, même inefficaces, ne sont pas forcément sans risque !