Maternal bodymass index and congenital anomaly risk: a cohort study.
Rankin J. et al. International Journal of Obesity 2010 (34): 1371-80.

 

L’état nutritionnel de la mère (malnutrition ou obésité) a un impact sur le développement du fœtus et notamment sur le risque d’anomalies congénitales.
C’est ce que confirme une étude longitudinale en cohorte dans le Nord-Est de l’Angleterre. Sur près de 41.000 naissances entre 2003 et 2005, 682 anomalies congénitales ont ainsi été décrites, soit une incidence de 166 cas pour 10.000 naissances, ce qui est proche des chiffres décrits dans d’autres populations.

 

Dans la moitié des cas, il s’agissait d’anomalies cardiaques (CIA, CIV). Les principaux facteurs maternels significativement associés au risque d’anomalie congénitale étaient les indices de masse corporelle extrêmes (IMC < 18,5 kg/(m)² (RR 1,6) et IMC > 30 kg/(m)² (RR 1,3)), l’existence d’un diabète avant la grossesse (RR 3,22) et le tabagisme maternel (RR 1,28). Chez les mères ayant un IMC < 18,5 kg/(m)² avant la grossesse, il existait un risque plus élevé d’anomalies cardiaques type CIA (RR 2,8) et génitales type hypospadias (RR 6,3) alors que chez les mères obèses, les risques principaux étaient les anomalies oculaires (RR 11,36) les CIV (RR 1,56) et les fentes labiales (RR 3,71).

 

Dans cette étude, il n’y avait aucune augmentation du risque d’anomalies de fermeture du tube neural, peut-être en raison d’un effectif plus faible que ceux des études américaines.

 

Malgré cette faiblesse, ce travail permet de confirmer que le maintien d’un état nutritionnel correct est capital chez les femmes ayant un projet de grossesse à court terme, en complément de certaines supplémentations comme celle en acide folique.