Acute partial sleep deprivation increases food intake in healthymen. Brondel et al AmJ Clin Nutr 2010; 91: 1550-59

 

Dans les pays industrialisés la réduction du temps de sommeil a été contemporaine de l’épidémie d’obésité. Sa responsabilité dans la prise de poids est donc un sujet d’étude d’actualité (voir dossier ON 96). S’il a bien été montré que la restriction de sommeil accroit l’appétit, augmente les concentrations de ghréline (“hormone de la faim”) et décroit celles de leptine (“hormone de la satiété”), ses effets sur la prise alimentaire reste controversés, notamment chez l’adulte normopondéral.

 

Cette équipe française a donc étudiée chez 12 hommes (âge moyen 22 ans, IMC 22,3 kg/(m)2) l’effet d’une nuit écourtée sur la prise alimentaire et l’activité physique. Les sujets rapportaient une durée moyenne de sommeil de 7h54 min avant l’étude ; ils n’avaient pas été informés des buts réels de l’étude. Après une période d’inclusion de 48 h, les sujets étaient soumis par tirage au sort à deux sessions de 48h, dont une comportait une nuit écourtée (4h). La prise alimentaire pendant la journée était mesurée au gramme près et l’activité physique évaluée par le port d’un “actimètre”.

 

La prise alimentaire, mesurée en apport énergétique, était augmentée de 22 % (559 kcal) après la nuit de 4h. L’activité physique était augmentée l’après–midi suivant la nuit de 4h, mais la dépense énergétique supplémentaire restait minime (48 Kcal).

 

Cette étude montre chez les hommes jeunes normopondéraux qu’après une nuit écourtée la prise alimentaire est nettement augmentée, alors que l’activité physique ne l’est que modérément.