Smoking and weight loss attempts in owerweight and normal-weight adolescents; Strauss R.S., Mir H.M.; International Journal of Obesity 2001; 25:1381-1385.

 

Si l’arrêt du tabagisme entraîne généralement une prise de poids, il n’est pas démontré que commencer à fumer fait maigrir. C’est pourtant ce que croient 40 % des adolescents ! Les auteurs ont donc étudié, chez 1331 adolescents entre 12 et 18 ans, les relations entre le tabagisme, l’alimentation et les préoccupations de poids. Le tabagisme était estimé par les déclarations des sujets mais aussi par le taux de nicotine, beaucoup plus fiable. Parmi les filles normopondérales (IMC<85e percentile) mais soucieuses de maigrir, le tabagisme s’est révélé deux fois plus fréquent que chez les filles normopondérales ne cherchant pas à maigrir. A l’opposé, il n’était pas plus fréquent chez les filles en surpoids (IMC>85e percentile) cherchant à maigrir que chez celles ne cherchant pas à maigrir.

 

Chez les garçons normopondéraux souhaitant maigrir, il ne fut pas constaté d’augmentation du tabagisme statistiquement significative par rapport à ceux ne souhaitant pas maigrir. Chez les garçons en surpoids, ceux cherchant à maigrir fumaient même moins que ceux ne voulant pas maigrir ! Le tabagisme ne s’accompagnait pas de modification significative de l’IMC mais l’alimentation des fumeurs se caractériserait par un apport réduit en fruits et légumes. De plus, les consommateurs d’alcool étaient cinq fois plus fréquents parmi les fumeurs. Les auteurs concluent de cette étude que les filles normopondérales tentent plus souvent de perdre du poids par des méthodes “pathologiques” comme le tabagisme et que le tabagisme est associé chez les adolescents à une alimentation déséquilibrée et à l’alcoolisme. Il faut donc expliquer aux adolescents que le tabac ne fait pas maigrir et dépister les adolescentes préoccupées par leur poids afin de les prendre en charge précocement.