Selon les études nationales de consommation individuelle, la quantité de sucre (saccharose) ingéré sous forme visible et invisible est d’environ 40 g/jour et par personne; s’y ajoutent le glucose et le fructose issus de l’hydrolyse du saccharose (sucre inverti) pour environ 20 g/jour.

Ceux qui, soucieux de leur minceur, cherchent à stabiliser leur poids voire à en perdre, réduisent fréquemment, voire écartent totalement de leur alimentation le sucre, pourtant source d’énergie et de plaisir. Ce comportement est-il justifié ?

On n’observe aucun lien entre la corpulence et la consommation de sucre à l’échelle des populations. Au contraire les forts consommateurs de sucre sont souvent parmi les moins corpulents et plusieurs études montrent une corrélation inverse entre indice de masse corporelle et consommation de sucre. Toutefois, les conclusions ne sont pas unanimes et des d’incertitudes méthodologiques demeurent.

Après ingestion, le sucre est rapidement oxydé ou stocké sous la forme de glycogène. Sa conversion en lipides, possible in vivo, est quantitativement réduite. Pour un même poids ingéré, le sucre apporte moins d’énergie que les lipides (4 vs 9 kcal/g) et il stimule plus la dépense énergétique postprandiale. De telles propriétés métaboliques suggèrent que la consommation de sucre favoriserait moins la prise de poids que celle des graisses. Cependant tout excès d’apport énergétique, d’origine glucidique, lipidique ou mixte, entraîne une prise de poids lorsqu’il n’est pas compensé par une augmentation des dépenses énergétiques (augmentation de l’activité physique par exemple). La suppression du sucre s’accompagne à court terme d’une perte pondérale modeste mais supérieure à ce que l’on peut attendre du seul déficit énergétique induit par l’arrêt du sucre (-16O kcal/j pour 40g de sucre). Il ne s’agit pas d’une perte de masse grasse mais d’eau associée aux réserves de glycogène. En raison du plaisir gustatif qu’il procure, le sucre peut indirectement contribuer à la prise de poids en favorisant la consommation d’aliments à forte densité énergétique. Inversement, la présence de sucre peut compenser la faible palatabilité des régimes pauvres en graisses et favoriser ainsi la réduction des apports lipidiques.

Les relations entre la consommation de sucre et le poids sont ténues et les données objectives encore insuffisantes pour conduire à des recommandations générales.

 

Pr Charles COUET
C.H.U TOURS