Twelve-year course and outcome predictors of anorexia nervosa. Fichter M.M., Quadflieg N., Hedlund S. Int J Eat Disord 2006; 39 : 87-100

 

L’évolution de l’anorexie mentale à long terme varie selon les études, faisant état d’une chronicité plus ou moins sévère, avec une mortalité élevée. C’est donc une pathologie grave. Une équipe de médecins allemands a suivi un échantillon de 103 patientes pendant 12 ans afin de mieux en cerner le pronostic.

 

Ces patientes avaient été hospitalisées environ 4 mois (118,6 ± 49 j) dans une clinique. Leur moyenne d’âge au moment de l’hospitalisation était de 24,9 ± 6,7 ans, l’âge moyen au début de l’anorexie étant de 18,5 ± 6,4 ans. Le suivi à 2 ans, 6 ans et 12 ans a permis de mesurer différents items et d’évaluer l’état clinique, psychique et social des patientes. L’indice de masse corporelle (IMC en kg/(m)²) au moment de l’admission était de 14,3 ± 1,6 et de 15,5 ± 1,6 à la sortie de la clinique. À 2 ans, il montait à 17,2 ± 3,4 puis 18,1 ± 2,8 à 6 ans, et 18,5 ± 2,9 au bout de 12 ans. En moyenne 37 % avaient un IMC < 18 et 63 % > 18.

 

Le score mesuré évaluait tant les critères physiques, psychologiques que sociaux. Au bout de 12 ans, seulement un quart des patientes (27,5 %) avaient une vie normale. 25,3 % un score intermédiaire, 39,5 % un mauvais score et 7,7 % étaient décédées ! 12 ans après, 19 % étaient toujours anorexiques et 9,5 % boulimiques avec vomissements ; 19 % avaient des troubles non spécifiques. Au total, plus de la moitié avaient toujours des troubles du comportement alimentaire. La sévérité de la pathologie et la durée étaient des facteurs aggravants.

 

Le pronostic à long terme des troubles du comportement alimentaire reste donc très défavorable. Il importe de dépister et de traiter ces troubles le plus tôt possible afin d’en éviter la chronicisation et l’évolution morbide.