La masse musculaire squelettique diminue de moitié de 20 à 80 ans. Cette “sarcopénie” est due au vieillissement, à la diminution de l’activité physique et aux maladies. Une partie de cette fonte musculaire n’est pas inéluctable. Pour autant, faut-il, en 1998, inciter toutes les personnes âgées à pratiquer un sport ?

- Alors que l’entraînement à l’endurance produit une fonte de la masse grasse, plus marquée chez le sujet âgé que chez le sujet jeune, l’entraînement contre résistance augmente le volume et surtout la force musculaires. C’est expérimentalement le type d’exercice le plus utile au maintien de l’autonomie. Les effets musculaires de l’entraînement physique se traduisent par l’augmentation de la consommation maximale d’oxygène et l’amélioration de la tolérance au glucose. On observe les bénéfices d’un entraînement après 8 à 10 semaines, voire plus (10 à 20 mois). Les performances s’améliorent tant que l’entraînement est maintenu. Son arrêt s’accompagne d’une diminution progressive de la force musculaire, sur plusieurs mois.
L’adhésion à l’entraînement est d’autant plus forte que le programme a été bien présenté et bien vécu dès le début. Chez le sujet âgé non dénutri, l’effet musculaire des suppléments alimentaires n’est pas démontré, et semble en tout cas inexistant en l’absence d’exercice.
- Les effets de l’entraînement physique sur les sécrétions endocrines, les performances cardiaques et les métabolismes de l’os, des lipides et des protéines se révèlent aussi favorables chez le sujet âgé que chez l’adulte.
- L’amélioration de l’image de soi, de la convivialité et de la qualité de vie sont des atouts sur lesquels il faut certainement s’appuyer pour prolonger l’entraînement.
- Si la plupart des travaux ont été réalisés chez des sujets âgés de 60 à 75 ans, des résultats similaires ont été observés chez les sujets âgés de plus de 85 ans. Il n’est donc jamais trop tard pour conseiller la reprise d’une activité physique progressive contrôlée et adaptée à l’état physiologique.
- La pratique sportive chez les sujets âgés génère chez 10 à 30% d’entre eux des incidents d’ordre musculo-tendineux ou articulaires, habituellement sans gravité et qui ne contre-indiquent pas la reprise contrôlée de l’activité.
- Enfin, l’objectif de l’entraînement physique chez le sujet âgé n’est pas de modifier un marqueur, physique ou biologique dans un sens considéré comme favorable, mais de créer une réelle amélioration de la qualité de vie et de l’autonomie du sujet. Ainsi, la marche, source de plaisir, serait aussi l’activité la plus bénéfique pour la prévention des chutes.

Pour un vieillissement réussi, on agissait classiquement sur les artères, le cerveau et le squelette. Il faut désormais y ajouter le muscle.

 

Pr Thierry CONSTANS
CHU - Tours