Compte-rendu du symposium satellite organisé par l’Institut Danone International dans le cadre de l’International Nutrition & Growth Congress, Paris, mars 2012.

 

 

La santé osseuse représente un enjeu majeur de santé publique. À l’échelle mondiale, la “fragilité osseuse” est responsable d’une fracture toutes les 3 secondes(1). Après 50 ans, une femme sur deux et un homme sur cinq présentent un risque de fracture(2). En tenant compte de toutes les données contextuelles, le risque de fracture due à une fragilité osseuse est similaire aux risques des pathologies coronariennes(3).
En Europe, le coût de cette pathologie est estimé à 31,7 milliards d’euros et il est probable qu’avec le vieillissement croissant de la population, ce chiffre double d’ici 2050(4). En outre, les coûts de l’invalidité engendrée par les fractures viendront sans doute considérablement gonfler ce chiffre.

 

 

Des mesures préventives précoces sont donc essentielles et pour relever ce défi, les médecins généralistes sont en première ligne.

 

 

Santé osseuse : sous influences ?

 

 

La santé osseuse est évaluée sur la masse osseuse et la qualité du squelette. La masse osseuse augmente pendant l’enfance et l’adolescence et atteint un pic au début de l’âge adulte mais de nombreuses études montrent que le taux de croissance et la maturité sexuelle jouent un rôle critique sur l’accrétion osseuse, du milieu à la fin de la puberté(5).
Si environ 60 % du pic de masse osseuse est déterminé génétiquement, il est possible d’agir sur les autres facteurs, tels que l’alimentation, le niveau d’activité physique et le tabagisme à tous les âges de la vie, et particulièrement durant l’enfance et l’adolescence, lorsque les os gagnent rapidement en masse et en résistance(6). Des études viennent de mettre en évidence qu’un régime alimentaire et un mode de vie inappropriés pendant la grossesse pouvaient altérer la santé osseuse de l’enfant in utero et pendant l’enfance(7). Un lien a été établi entre le faible poids de naissance et une fragilité osseuse.

 

 

L’accrétion osseuse, particulièrement importante durant l’enfance et l’adolescence, est décisive et déterminera la santé osseuse à vie.

  
 

Quelles sont les personnes à risque ?

 

 

Essentiellement les malades chroniques, présentant des pathologies altérant la croissance, mais aussi les personnes ayant un régime alimentaire déséquilibré et pauvre notamment en produits laitiers. Les troubles du comportement alimentaire entraînent une perte osseuse plus importante et un risque accru de fracture ; les jeunes femmes athlètes qui s’entraînent de façon intensive, ayant une alimentation insuffisante et étant par conséquent en aménorrhée, présentent, elles aussi un risque de faible masse osseuse et de fracture.

 

 
Agir maintenant

 

 

L’éducation est essentielle afin d’améliorer la santé osseuse tout au long de la vie. S’il est recommandé de supplémenter en vitamine D à certains moments de la vie (grossesse, enfance et adolescence), ce n’est pas suffisant. Les données cliniques étayent l’importance d’un régime alimentaire équilibré, incluant la consommation régulière de produits laitiers (sources de calcium et de protéines), la pratique régulière d’activité physique et l’absence de tabac (6,8).

 

 

Importante à tous les âges, la prévention l’est d’autant plus durant l’enfance et l’adolescence et chez les femmes avant et pendant la grossesse.

 

 

En effet, les facteurs nutritionnels agissant sur le développement in utero, et qui permettraient de contribuer positivement à la santé osseuse(7) à long terme, font l’objet d’une attention croissante.

 

 

Enfin, l’identification des personnes à risques nécessitant une prise en charge particulière (par un spécialiste), est fondamentale. Le contrôle régulier des courbes de croissance peut alors aider. Les enfants souffrant d’affections chroniques, ceux qui ont un taux de croissance faible ou une puberté tardive présentent un risque de fragilité osseuse. Enfin, des antécédents pendant l’enfance de fractures multiples causées par des traumatismes minimes devraient faire adresser le patient à un  spécialiste pour bilan approfondi.