Overweight, Obesity, and Mortality in a Large Prospective Cohort of Persons 50 to 71 Years Old Adams K.F et al. N Engl J Med. 2006 ; 355:763-78.

 

Si l’obésité est clairement associée à une mortalité accrue, il n’en est pas de même du surpoids (IMC entre 25 et 29,9 kg / (m)2). En effet, la relation entre poids et mortalité peut être faussée par plusieurs biais, dont les plus importants sont le tabagisme et les pathologies associées, responsables en euxmêmes d’une diminution de poids et d’une augmentation de la mortalité.

 

Les auteurs ont donc utilisé la cohorte NIH-AARP qui suit depuis 1995-1996 plus de 500 000 hommes et femmes âgés à l’inclusion de 50 à 71 ans. Au 31 décembre 2005, ils procédèrent au recensement des décès parmi les 527 265 participants dont les données étaient exploitables.
Pendant ce suivi d’environ 10 ans, portant sur 4 821 757 personnes / années, 42 173 hommes et 19 144 femmes sont décédés. Sur l’ensemble de la population étudiée, la mortalité était maximale chez les personnes avec un IMC très élevé (> 40) ou très bas (< 18,5) ;
Le surpoids n’était associé à une augmentation de la mortalité que chez les femmes, et avec un risque relatif peu élevé (RR = 1,07 ; 95 CI = 1,01-1,14).

 

Chez les personnes n’ayant jamais fumé, la mortalité était associée à l’obésité et au surpoids. La prise en compte de l’IMC à 50 ans permet- Surpoids, obésité et mortalité selon une étude portant sur 500 000 personnes tait de s’affranchir du risque de biais lié à une pathologie associée non encore diagnostiquée. La relation entre l’IMC et la mortalité devenait alors beaucoup plus nette, avec une mortalité augmentée de 20 à 40 % en cas de surpoids et de 200 à 300 % en cas d’obésité.

 
Au total, l’excès de poids était responsable, dans cette cohorte, de 7,7% des décès prématurés chez les hommes et de 11,7 % de ceux-ci chez les femmes. Chez les personnes n’ayant jamais fumé, 18,1 % des décès prématurés chez les hommes et 18,7 % chez les femmes pouvaient être attribués à un excès de poids.
Les décès prématurés ne sont donc pas seulement l’apanage de l’obésité, mais se rencontrent aussi, bien qu’à un moindre degré, chez les personnes en “simple” surpoids.