Early onset of coronary artery disease after prenatal exposure to the Dutch famine Painter R.C., et al, Am J Clin Nutr 2006 ;84 : 322-7

 

L’insuffisance coronaire semble favorisée par la malnutrition intra-utérine. Or, cette dernière n’est qu’imparfaitement reflétée par le poids de naissance. Deux études ont été menées pour évaluer les séquelles éventuelles chez des enfants nés pendant ou juste après les deux grandes famines de la seconde guerre mondiale : celle du siège de Leningrad et celle survenue aux Pays-Bas. Si l’étude de Leningrad ne retrouve pas de lien entre malnutrition intra-utérine et insuffisance coronaire, la première étude hollandaise détecte un triplement de la prévalence des pathologies coronaires à l’âge de 50 ans chez les sujets dont la mère fut exposée à la famine pendant la grossesse.

 
Le but de cette nouvelle étude était de rechercher si une malnutrition intra-utérine précoce, pendant le premier trimestre de la grossesse, s’accompagnait ou non d’une insuffisance coronaire plus précoce. Les auteurs ont comparé l’âge de survenue et l’incidence cumulée de l’insuffisance coronaire chez 385 sujets exposés à la famine et 590 sujets témoins. L’insuffisance coronaire était définie par la survenue d’un angor, d’ondes Q à l’ECG ou par un geste de revascularisation coronaire. À la fin du suivi, 83 sujets avaient développé une insuffisance coronaire. Les sujets exposés à la famine pendant le 1er trimestre de la grossesse avaient un risque d’insuffisance coronaire double (risque relatif = 1,9) de celui des sujets non exposés, et déclaraient leur insuffisance coronaire en moyenne 3 ans plus tôt (47 ans versus 50 ans). Les résultats ne dépendaient pas du tabagisme, du niveau socio-économique ni de la taille à la naissance. Ces résultats suggèrent donc que la nutrition maternelle pendant le début de la grossesse joue un rôle important dans le déterminisme et l’évolutivité d’une insuffisance coronaire ultérieure chez l’enfant.