Mettre l’alimentation dans les programmes de l’éducation à l’école, c’est ignorer que “Savoir ne veut pas dire Faire”. Éduquer, transmettre des valeurs et des repères à nos enfants, ce n’est pas seulement faire appel à leurs connaissances, c’est aussi obtenir leur adhésion affective et hédonique, en particulier dans le domaine du “bien manger”.

 

En effet, pour bien remplir sa fonction, l’aliment doit être mangé, ce qui signifie avalé, mais aussi accepté dans l’intimité profonde de l’organisme. Pour dépasser la crainte de la nouveauté, il faut donc avant toute chose, “l’apprendre”.

 

Mais comment ?

 

Le meilleur apprentissage passe dans un premier temps par l’observation et la découverte sensorielle. Ainsi l’enfant peut juger et choisir aussi par lui-même.Ce processus implique de donner des modèles (ceux de l’environnement, en particulier le modèle parental), et de tenir compte de la spécificité de chaque enfant selon son âge, sa maturité et son caractère.

 

L’école, on le sait, est un lieu d’intervention privilégié : elle touche une très grande population captive et qui plus est, elle a pour fonction la construction des individus. En ce sens, sa mission essentielle est de favoriser les mobilisations et les changements. Mais il ne faut pas oublier que les enfants évoluent dans bien d’autres milieux : d’abord celui de leur famille, puis celui du groupe de leurs pairs…et ne pas oublier de tenir compte de la complexité de ce phénomène.

 

Pour toutes ces raisons, le “rôle de l’école dans l’éducation nutritionnelle”, dépend de ce que l’on entend par “éducation” :

 

 

Si c’est envisager d’enseigner l’alimentation au même titre que l’acquisition de la lecture, de l’écriture, des mathématiques ou de l’histoire, notre réponse est : “non”. Si c’est offrir à l’enfant les meilleures conditions, le meilleur cadre, pour qu’il puisse développer ses richesses et ses capacités, notre réponse est : “oui”

 

Ainsi, même si l’approche éducative alimentaire utilise des modèles pédagogiques pour atteindre son objectif “santé”, elle ne doit surtout pas se limiter à des messages appris en classe.S’il est important de savoir pourquoi on mange, comment on mange, ce que l’on mange, n’oublions pas que l’alimentation est avant tout émotionnelle.

 

Marlène DREYFUS
Psychologue clinicienne
Service de Gastroentérologie
Hôpital Armand Trousseau, AP/HP, Paris