Lack of effect of a low-fat, high-fiber diet on the recurrence of colorectal adenomas. Schatzkin A. et al., N. Engl. J. Med. 2000 ; 342 : 1149-1155.

 

Lack of offect of a high-fiber cereal supplement on the recurrence of colorectal adenomas. Alberts D.S. et al., N. Engl. J. Med. 2000 ; 342 : 1156-1162.

 

La théorie était séduisante : les adénomes rectocoliques sont en partie le fruit de substances trophiques et mutagènes en contact avec les cellules coliques. Alors que l’alimentation occidentale est pauvre en fibres alimentaires, augmenter leur apport (céréales et surtout fruits et légumes) revient à accélérer le transit et à diminuer le temps de contact entre ces substances et les colonocytes. A terme, ceci permettrait de réduire le risque de polypes adénomateux et de cancer rectocolique.

Deux études récentes parues simultanément contredisent cette théorie. Toutes deux sont des études d’intervention randomisées, toutes deux incluent un grand nombre de sujets et un groupe contrôle (pauvre en fibres). L’une fut même effectuée en double insu (distribution aux participants d’un produit enrichi en fibres céréalières ou non).

Toutes deux ont inclus des malades ayant eu récemment une ablation endoscopique de polypes coliques. Enfin, dans les deux études, les sujets firent l’objet d’un suivi endoscopique pendant plusieurs années (3 ans en moyenne).

Les résultats sont décevants : ni l’une ni l’autre étude n’ont mis en évidence de diminution du risque de récidive des polypes dans le groupe “riche en fibres”. Pourtant les sujets des groupes traités avaient des apports de fibres conformes à la dose susceptible de prévenir la formation des polypes.

La théorie était séduisante, mais les faits ne la confirment pas : si les faits ne sont pas en accord avec la théorie, il faut peut-être changer cette dernière.
Ceci n’exclut pas qu’une alimentation riche en fibres puisse éventuellement prévenir, chez certains patients à haut risque, le cancer rectocolique.