Homocysteine and risk of cardiovascular disease among postmenopausal women. Ridker P.M. et al. JAMA 1999; 281 : 1817-21.

 

Depuis dix ans, une trentaine d’études soulignent le lien entre hyperhomocystéinémie et risque cardio-vasculaire (accident coronarien, mais aussi accident vasculaire cérébral ou artériopathie oblitérante des membres inférieurs). Cependant, peu sont prospectives et peu concernent la femme ménopausée.

L’étude, effectuée aux USA et issue de la fameuse “Women’s Health Study”, a consisté à comparer l’homocystéinémie chez 122 femmes ayant fait un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral et chez 244 femmes témoins de même âge et à la consommation de tabac identique.

Chez chaque participante étaient recueillis, à l’entrée dans l’étude, les facteurs de risque cardio-vasculaire classiques (hypercholestérolémie, diabète, tabac, HTA, obésité, antécédents familiaux d’accident cardio-vasculaire précoce). Chez chacune était mesurée l’homocystéinémie. Au terme d’un suivi de trois ans, 85 infarctus ou accidents vasculaires cérébraux et 37 plasties coronariennes étaient observés. L’homocystéinémie était plus élevée dans le groupe “cardio-vasculaire” que dans le groupe contrôle : 14.1 vs 12.4 µmol/L (p<0.02).

En analyse multivariée tenant compte des autres facteurs de risque, le risque relatif de développer un accident cardio-vasculaire était de 1.0 ; 0.7 ; 1.6 ; et 2.2, en allant du quartile de concentration la plus basse au quartile de concentration la plus élevée (p<0.004). Une augmentation de 5 µmol/L était associée à une augmentation du risque cardio-vasculaire de 24 %. Cette étude montre sans discussion que l’hyperhomocystéinémie (>17 µmol/L) chez la femme au delà de la ménopause est un facteur déterminant et indépendant du risque de maladies coronarienne et vasculaire cérébrale liées à l’artériosclérose.