Peters U, Sinha N, Subar AF et al. Dietary fibre and colorectal adenoma in a colorectal cancer early detection programme. Lancet 2003 ; 361 : 1491-95.

 

Le cancer colorectal survient dans plus de 90 % des cas sur un polyadénome. D’où l’idée que raccourcir le temps de transit, diminuer la concentration de sels biliaires secondaires dans le colon et favoriser la production d’acides gras volatils (à chaîne courte donc) seraient des moyens efficaces de prévention des adénomes chez l’animal et l’homme. Les fibres végétales, indigestibles dans le grêle et digérées par la flore bactérienne colique, possèdent ces trois propriétés. Il était donc tentant d’étudier l’effet d’une alimentation riche en fibres.

Les auteurs (USA) ont analysé les apports de fibres alimentaires chez 33 971 patients d’âge compris entre 55 et 75 ans et ayant eu une rectosigmoïdoscopie négative (pas de polype) et chez 3591 patients de même âge ayant au moins un adénome de plus de 5 cm. Ils ont tenu compte des autres facteurs de risque. Des apports élevés en fibres étaient associés avec un risque plus faible d’adénome colique (P < 0, 0001).
L’apport le plus élevé en fibres alimentaires étant associé à divers facteurs supposés protecteurs du cancer (aspirine, anti-inflammatoire, moins de tabac, poids moins lourd, moins de viande rouge), les auteurs ont pris en compte ces facteurs de “biais”. L’effet protecteur s’est maintenu, tant pour les adénomes coliques (P < 0,008) que pour les adénomes de grosse taille (qui ont le plus de chance d’évoluer vers le cancer) (P < 0,03).

Cette étude confirme la plupart des autres études transversales ou longitudinales d’observation, alors que, il faut le rappeler, les études d’intervention (sujets dont l’apport de fibres est à dessein augmenté) ont obtenu des résultats plus divergents. La différence est vraisemblablement liée à un effet d’échantillon (les études d’intervention ont de petits effectifs).