“Randomised controlled trial of vitamin E in patients with coronary disease : cambridge heart antioxidant study (C.H.A.O.S.)”.
Stephen NG, Parsons A, Schofield PM, Kelly F, Cheeseman K, Mitchinson MJ, Brown MJ. Lancet 1996 ; 347 : 781-6.

 

La Vitamine E (alpha-tocopherol) a des propriétés anti-oxydantes. Or, l’oxydation de certaines particules chimiques, comme les lipoprotéines de basse densité (LDL) dans le paroi artérielle, est un facteur clé de l’artériosclérose et de l’artériothrombose. En effet l’oxydation provoque la cascade inflammatoire et immunitaire qui conduit à l’ulcération artérielle et au caillot. Cependant, le rôle de la vitamine E dans la prévention de l’infarctus du myocarde était très controversé : les études épidémiologiques n’avaient pu conclure et la seule étude thérapeutique randomisée, vitamine E (50 mg par jour) contre placebo, avait conclu à l’absence d’effets.

 

L’étude anglaise citée ici, prospective, avec tirage au sort, contre placebo et en double insu, a inclus 2000 patients, 1000 dans chaque groupe, pour environ 1 an 1/2. Tous les malades inclus avaient fait préalablement un accident coronarien indiscutable. Les malades du groupe vitamine E reçurent soit 400, soit 800 U.I. par jour.

 

Le critère de jugement principal était l’accident coronarien. Résultats : les deux groupes ne différaient pas à l’admission. Nombreux étaient les malades traités par bêta-bloquants (35%), dérivés nitrés (50%), antagonistes calciques (70%), et aspirine (82%). Un certain nombre avait subi une angioplastie ou une greffe coronarienne.

 

A 1 an 1/2, 41 malades du groupe placebo avait fait un infarctus du myocarde non létal, contre seulement 14 dans le groupe Vit E; 23 malades du groupe placebo étaient décédés contre 27 du groupe tocophérol. La tolérance du traitement était parfaite.

 

Le traitement par une dose de 400 U.I. de Vit E aboutit à une réduction du risque d’infarctus du myocarde non létal de près de 75%, et ceci dès la première année. La dose de 800 U.I. par jour ne semble pas plus efficace. La vitamine E a donc trouvé sa place, à côté des autres traitements, dans la prévention secondaire de l’infarctus du myocarde.