Myocardial infarction and coronary pathology in severely obese people examined at autopsy. Kurtelainen M.L., International Journal of Obesity 2002 ;26 :73-79

 

Les patients atteints d’obésité majeure ont une mortalité cardiovasculaire élevée. Néanmoins la part de l’insuffisance coronaire dans ces décès reste controversée.

Cette étude finlandaise a repris les rapports d’autopsie et les prélèvements effectués chez 166 sujets obèses (IMC > 35 kg/(m)2) pour déterminer l’importance de l’athérome coronaire et ses relations avec le poids, l’âge et le tissu adipeux souscutané.

Les résultats sont assez inattendus. Si les décès de ces sujets étaient en majorité d’origine cardiaque, la cardiomyopathie en était plus fréquemment responsable que l’insuffisance coronaire.

Une thrombose coronaire ne fut retrouvée que chez 3.8% des hommes et 1.6% des femmes. Mieux, les lésions coronaires étaient absentes ou très minimes chez 38% des hommes et 44% des femmes !

L’athérome coronaire était significativement corrélé à l’âge mais pas à l’IMC.

Quels pouvaient donc être les mécanismes “protégeant” les sujets très obèses de l’athérome coronaire et de ses conséquences ? Cette étude nous livre deux pistes. Chez les hommes, une tendance à la dilatation des artérioles myocardiques lorsque l’IMC augmente diminuerait les conséquences occlusives d’une plaque d’athérome. Chez les femmes, une relation inverse entre l’athérome coronaire et l’épaisseur du tissu adipeux sous-cutané pourrait s’expliquer par la production d’œstrogènes par ce dernier.

Ce ne sont toutefois que des pistes et rien ne justifierait d’encourager nos patients à grossir, pour éviter l’infarctus du myocarde ! Les patients autopsiés, en effet, étaient en majorité décédés d’une pathologie cardiovasculaire.

L’obésité majeure reste génératrice de multiples pathologies, cardiovasculaires et autres, compromettant le pronostic vital et fonctionnel à court, moyen et long terme.