Body weight and Mortality among women
J.E Manson et al. N Engl J Med 1995; 333 : 677-85

 

Une littérature abondante a été consacrée aux effets du poids corporel, de son excès ou de ses variations, amaigrissement notamment. Quand on sait qu’en France 8% des adultes sont atteints d’obésité, il s’agit d’une vraie question de Santé Publique.

Manson et ses collaborateurs ont étudié la mortalité par maladies cardio-vasculaires, par cancers et pour d’autres causes, en fonction du poids corporel et de son évolution. Pour cela, 116 000 infirmières, âgées de 30 à 55 ans en 1976, ont été suivies par questionnaire pendant 16 années en moyenne. L’échantillon a été divisé en sept (?) classes, selon l’index de corpulence (égal à la formule : Poids/(taille en m)2) : index inférieur à 19, puis de deux unités en deux unités jusqu’à 32, et enfin supérieur à 32. Pour apprécier le type de répartition de l’éventuel surpoids, on a mesuré le rapport de circonférence taille/hanches (quand celui-ci est inférieur à 0,9, il y a surpoids “gynoode”, quand il est supèrieur, il y a surpoids “androode”, abdomino-tronculaire).

Environ 4700 morts ont été déplorées, dont 881 par maladies cardiovasculaires, 2586 par cancer et 1259 pour d’autres causes. La mortalité la plus faible était observée chez les sujets très minces (index corporel inférieur à 19, soit moins de 55 kg pour 1,70m). Les fumeurs, les buveurs d’alcool et les actifs se sont révélés plus minces que leurs opposés. Pour un index corporel de sujets minces, 19 à 23 (soit par exemple 55 à 66 kg pour 1,70 m), la mortalité “toutes causes”, ajustée aux autres facteurs de risques augmentait très faiblement (8%) jusqu’à un index de 27. Mais elle augmentait respectivement de 33% et 75% pour un index compris entre 27 et 29 ou 29 et 32. Pour un index corporelde 29, les risques relatifs de maladies cardio-vasculaires étaient multipliés par 6 (+700%) par rapport à des indices compris entre 19 et 25, et les risques de cancer par 1,7 (70%).

Les maladies métaboliques liées au surpoids (diabète, dyslipémies) se rencontraient de 2 à 6 fois plus fréquemment au delà de 29. A partir de ce même niveau d’index, 50% de l’excès de mortalité était directement lié au surpoids.

Enfin, un rapport des circonférences taille/hanches élevé prédisait fortement la mortalité coronarienne : les risques relatifs des deux quintiles (?) les plus élevés étaient respectivement de 3,7 et 8,7. Cette étude irréprochable montre bien le degré de risque lié à l’obésité. Mais à la vérité, le risque reste inchangé pour une surchage pondérale “modérée” (index inférieur à 29, soit par exemple 83 kg pour 1,70 m) !