Estimation of the dietary requirement for vitamin D in free-living adults ‡ 64 years of age. Cashman KD and al, Am J Clin Nutr. 2009; 89 : 1366-74

 

Les sujets âgés sont plus exposés au déficit en vitamine D que les adultes, du fait de leur production cutanée de vitamine D réduite. Les apports alimentaires étant très faibles, seule une supplémentation permet d’atteindre un taux “souhaitable” de 25 OH vitamine D sérique, taux variant selon les recommandations de 25 à 80 nmol/l.

 

Cette étude avait pour but de déterminer les apports en vitamine D nécessaires chez des sujets âgés autonomes vivant en Irlande (51° à 55° de latitude nord) ; Deux cents vingt cinq sujets âgés en bonne santé furent inclus. Leur exposition au soleil entre avril et juillet fut recueillie par questionnaire. Entre septembre et avril (période de déficit maximal en vitamine D), les sujets reçurent, de manière randomisée et en double aveugle, 0, 5, 10 ou 15 μg/j de vitamine D. Le taux sérique de 25 OH vitamine D fut mesuré au début et à la fin de l’étude.

 

L’apport alimentaire moyen spontané en vitamine D était de 4,4 μg/j. Le taux initial moyen de 25 OH vitamine D était de 55 nmol/l. Les taux initiaux de 25 OH vitamine D étaient plus bas dans la ville la plus au nord, chez les femmes, les sujets de plus de 70 ans et ceux ne s’exposant pas au soleil. La supplémentation en vitamine D bénéficia d’une bonne compliance et il n’y eut pas d’effet indésirable. On constata une relation doseeffet entre la dose de vitamineD administrée et le taux sérique obtenu.

 

A partir de ces données, une modélisation mathématique permit de définir l’apport quotidien en vitamine D nécessaire pour obtenir un taux souhaité dans 97,5% de la population de sujets âgés étudiée : pour obtenir le taux (minimal) de 25 nmol/l, l’apport en vitamine D nécessaire était de 8,6 μg/j ; pour obtenir le taux de 80 nmol/l (taux reconnu comme souhaitable par la majorité des études récentes), l’apport nécessaire en vitamine D était de 38,7 μg/j.

 

Les auteurs concluent que les besoins en vitamine D chez les sujets âgés autonomes vivant sous nos latitudes avoisineraient 40 μg/j (1600U.I/j), ce qui dépasse largement les apports actuellement recommandés. Avant de recommander de telles doses, des études de supplémentation à 20 et 40μg/j sont donc indispensables.