Bodymass index and cause specific mortality in 900 000 adults : collaborative analyses of 57 prospective studies. Prospective studies collaboration. Lancet 2009; 373: 1083-96.

 

L’augmentation de l’indice de masse corporelle (IMC) est reconnue pour être associée à un risque plus élevé de mortalité. Cependant, des incertitudes sur la réalité de cette association persistent.Une étude collaborative incluant 57 études prospectives et prés de 900 000 adultes (61% d’hommes ; médiane d’âge au recrutement 46 ans ; IMCmoyen25 kg/(m)²) a donc été récemment réalisée avec ajustement sur âge, sexe, tabac et après exclusion des 5 premières années de suivi pour limiter la causalité inverse (perte de poids due à la maladie).

 

Au cours du suivi (8 années en moyenne), 66 552 décès ont été recensés, à un âge moyen de 67 ans. Au dessus du seuil de 25 kg/(m)² d’IMC, il existait une association positive entre IMC et causes spécifiques de mortalité avec un effet additionnel du tabagisme. Chaque palier de 5 kg/(m)² d’IMC était associé à une augmentation de 30% de la mortalité globale ; 40% pour la mortalité vasculaire ; 60-120% pour la mortalité liée au diabète, à une pathologie rénale ou hépatique ; 10% pour les cancers et 20%pour les pathologies respiratoires et les autres pathologies confondues.

 

Pour les IMC situés entre 22,5 et 25 kg/(m)², la mortalité était plus basse dans les deux sexes. En revanche, pour les IMC en dessous de ce seuil, il existait une corrélation inverse entre IMC et mortalité globale, principalement en raison d’une association inverse avec les pathologies respiratoires et le cancer du poumon. Cette association était particulièrement forte chez les fumeurs bien que la consommation de cigarettes varie peu en fonction de l’IMC. Ce travail a permis de montrer que l’IMC en lui-même est un facteur prédictif fort de mortalité : la réduction de la durée de vie est de 2-4 ans pour un IMC au-dessus de 30-35 kg/(m)² et de 8-10 ans au-dessus de 40-45 kg/(m)². En dessous du seuil de 22,5 kg/(m)² l’excès demortalité est principalement lié aux pathologies dues au tabac et reste partiellement élucidé.