Vitamins E and C in the prevention of cardiovascular disease in men: the Physicians’ Health Study II randomized controlled trial Sesso H.D et al JAMA 2008; 300: 2123-33

 

Malgré l’absence de preuves d’efficacité, de nombreux adultes consomment réguliè- rement des suppléments vita- miniques : aux USA, plus de 12 % des adultes prennent régulièrement des vitamines C et E. Si certains travaux de recherche fondamentale sug- gèrent un possible rôle protecteur des vitamines C et E vis-à-vis des maladies cardio- vasculaires, aucune étude longitudinale n’a évalué cet effet chez les hommes à faible risque cardiovasculaire.

 

Cet essai randomisé, en double aveugle, a étudié chez 14 641 hommes médecins de 50 ans et plus l’effet d’une supplémen- tation par 400 Unités Interna- tionales de vitamine E et/ou 50 mg de vitamine C. Parmi les sujets inclus, 5,1 % avaient des antécédents cardiovasculaires. Le critère d’efficacité était un composite regroupant infarctus du myocarde non mortel, AVC non mortel, et décès de cause cardiovasculaire. Les résultats furent analysés en intention de traiter.

 

Les patients, d’âge moyen 64,3 ans, furent suivis pendant 8 ans en moyenne. La compliance au traitement fut très bonne, puisque supérieure à 70 % à 8 ans. Pendant les 8 ans de suivi, 1 245 évènements cardio- vasculaires survinrent. Ni la vitamine E, ni la vitamine C ne diminuèrent le risque cardio- vasculaire par rapport au placebo. Les résultats restè- rent négatifs, même après exclusion des patients non compliants. La vitamine E augmenta le risque d’AVC hémorragique de 74 %.

 

Les auteurs concluent qu’il n’y a à ce jour aucun argument scientifique pour préconiser une supplémentation en vitamine C et/ou E pour la prévention du risque cardio-vasculaire chez l’homme.