“Faire à manger” aujourd’hui n’implique pas la même chose qu’il y a 50 ans…

 

Avant il semblait logique que la mère de famille fasse les courses, la cuisine et que les repas quotidiens se prennent à la maison.

 

Aujourd’hui, l’autonomie des femmes, liée notamment à leur accès au travail, est sans aucun doute un facteur de liberté.Mais alors, qui fait les courses et les repas ? Ce sont le plus souvent encore elles, mais elles semblent l’accepter moins facilement.

 

Selon différentes enquêtes, au quotidien, c’est plus la notion de “corvée” qui apparaît que celle de plaisir. Le temps consacré à la préparation des repas ne cesse pourtant de diminuer dans les pays occidentaux, sans doute grâce aux multiples progrès que nous apporte la technologie.

 

La plupart d’entre nous auraient bien du mal à renoncer aux services du congélateur, du micro-ondes, du robot et de tous ces objets qui nous facilitent la tâche. Et pourtant on sent parfois la nostalgie de la cuisine de nos grands–mères. Comme si la cuisine d’aujourd’hui procurait moins de saveur qu’autrefois, comme s’il fallait consacrer du temps pour mieux savourer (mériter) le plaisir attendu.

 

On voit ainsi les nouvelles générations s’éloigner des fourneaux, sans doute aussi faute de n’avoir pas vu, ni appris, au contact de leurs ainés les traditions culinaires familiales. On va au plus facile, au plus rapide, au tout prêt, qui doit être, de surcroit, “nutritionnellement correct“.

 

Simultanément, on observe une revendication de retour à la nature, au sain et à l’authentique, comme si l’équilibre et le bien-être étaient incompatibles avec le plaisir. La plupart du temps un compromis s’installe, avec en semaine une alimentation rapide, liée aux services, alors que pendant le week-end on retrouve du temps à consacrer à l’art de la cuisine.

 

Le plaisir de préparer, de partager et de savourer les repas, mérite d’être redécouvert, afin d’éviter ce vide… vide de sens, vide de repère, source de malaise. N’est ce pas le rôle fondamental de mère “nourricière“ qui est mis à mal ? Nourrir ses enfants c’est transmettre plus que de la nourriture : un peu de soi, d’affectif, de culturel…

 

Dr Brigitte BOUCHER
Médecin nutritionniste, Paris