Effect of Supplementing Pregnant and Lactating Mothers with n-3 Very- Long-Chain Fatty Acids on Children’s IQ and Body Mass Index at 7 years of age. Helland et al. Pediatrics 2008; 122: e472-e479.

 

Les acides arachidonique (AA; 20:4n-6) et docosahexaenoique (DHA; 22: 5n-3) sont essentiels pour la croissance du cerveau et le développement cognitif en raison de leur rôle capital dans la composition des membranes neuronales et rétiniennes. Durant la grossesse et en période néonatale, l’apport d’AA et de DHA est principalement maternel via la barrière placentaire puis le lait maternel.

 

Récemment, une supplémentation en acides gras (AG) à très longue chaine (TLC) de la famille n-3 chez la mère a été associée à un QI plus élevé à l’âge de 4 ans en comparaison à celui d’enfants issus de mères supplémentées en AG à TLC de la famille n-6. La même équipe a donc recherché la persistance ou non de cet effet chez les enfants à l’âge de 7 ans. De plus, en raison du rôle potentiel des AG à TLC de la famille n-6 sur l’adipogenèse, leur éventuel effet sur la corpulence a été recherché par le calcul de l’IMC à l’âge de 7 ans chez les mêmes enfants.

 

Cette étude randomisée en double aveugle a inclus 143 enfants. Les mères avaient reçu 10 ml d’huile de foie de morue (n=82) ou d’huile de maïs (n=61) (de la 18ème semaine de grossesse jusqu’au 3ème mois après la naissance). Les enfants furent testés à l’âge de 7 ans pour le QI (test de Kaufman) avec mesure du poids et de la taille pour le calcul de l’IMC. Aucune différence significative entre les deux groupes d’enfants n’a été mise en évidence à l’âge de 7 ans pour le score au test de Kaufman. Cependant, il existait une faible corrélation entre la concentration plasmatique maternelle d’acideα-linolénique et d’acide docosahexaenoique dans les phospholipides et certains éléments de la fonction cognitive suggérant un effet positif potentiel mais modeste. L’existence de facteurs confondants tels que d’autres nutriments impliqués, des médicaments ou le niveau d’éducation est probablement responsable, selon les auteurs, de l’absence d’effet observé.

 

Enfin, aucune relation entre IMC à 7 ans et statut en acides gras à la naissance ou durant les trois premiers mois de vie n’a été mise en évidence, suggérant l’absence de réel effet des AG n-6 sur l’adipogenèse. Ces résultats peu contributifs ne plaident donc pas en faveur d’une supplémentation systématique en AG à TLC chez les mères allaitante et au cours de la grossesse.