Jorge Mendoza - Institut des Neurosciences Cellulaires et Intégratives, CNRS UPR3212, Strasbourg

 

Le travail de nuit : un facteur de vulnérabilité à l’addiction à la nourriture et l’obésité

 

 

Jorge Mendoza

Après des études et une thèse en sciences biomédicale à la faculté de médecine de l’Université National Autonome de Mexico, Jorge Mendoza rejoint la France et le CNRS (au sein de l’Institut de Neurosciences Cellulaires et Intégratives Département de Neurobiologie des Rythmes) pour consacrer ses recherches dans le domaine de la biologie circadienne.

Jorge Mendoza travaille en particulier sur l’étude des mécanismes de synchronisation des horloges circadiennes par des facteurs motivationnels (nourriture, exercice), mais aussi sur le rôle du système circadien dans les comportements addictifs.

 

 

Projet de recherche « travail de nuit : facteur de vulnérabilité à l’addiction à la nourriture et l’obésité »

 

On observe une augmentation de l’obésité, du diabète de type 2 et du syndrome métabolique dans les pays développés, probablement en raison d’un comportement alimentaire compulsif. Hors, on sait que la prise alimentaire est modulée au niveau du cerveau par deux mécanismes compensatoires : un mécanisme homéostatique et un hédonique. Ainsi, pour certains aliments (agréables au goût), au-delà des besoins métaboliques, la gourmandise et la récompense sont considérées comme les principaux déterminants de la prise alimentaire. Les mécanismes neuronaux régulant les aspects hédoniques de l’alimentation sont organisés principalement au sein des structures cortico-limbiques dans « le circuit de la récompense » et ces structures influent sur la quantité et la nature de la prise alimentaire. En revanche, l’heure de la prise alimentaire est influencée par notre horloge circadienne dans le cerveau, le noyau suprachiasmatique (SCN) qui orchestre et contrôle la rythmicité journalière de toutes nos fonctions physiologiques.

 

Par ailleurs, on sait que la prise compulsive de nourriture peut induire l’obésité et que l’abus dans la consommation de nourriture, principalement avec un contenu hypercalorique, mène à des changements à long terme au niveau des régions centrales du « circuit de la récompense ». Mais on ne sait pas encore si notre horloge biologique peut être aussi altérée. Dans l’autre sens, il reste encore à déterminer si une perturbation de l’horloge biologique serait un facteur déclencheur d’un comportement alimentaire compulsif.

 

 

L’activité humaine actuelle n’est plus liée à l’alternance jour-nuit et de nombreuses professions (p.ex. médecins, infirmiers, policiers, boulangers et même des étudiants) ont une activité non synchronisée avec les rythmes imposés par notre horloge biologique. Un des facteurs perturbateurs de la désynchronisation de notre horloge par le travail décalé est l’exposition à la lumière pendant la nuit, moment dans lequel notre corps a besoin de repos et pas d’être exposé à la lumière brillante (i .e. pollution lumineuse). Les conséquences de ces perturbations sont coûteuses pour la santé psychologique et physiologique et l’une de ces conséquences possible est l’augmentation de la prise alimentaire, l’obésité et probablement l’addiction à la nourriture.

 

Le projet de recherche vise à étudier et comprendre les mécanismes neuronaux et moléculaires des effets de la lumière dans un modèle de travail posté sur le comportement compulsive de prise alimentaire et l’obésité.