La dénutrition, notamment chez les sujets âgés, peut altérer les mécanismes de défense de l’organisme, notamment par le biais d’une augmentation de la production cellulaire de dérivés réactifs de l’oxygène, en particulier anion superoxyde : c’est le stress oxydatif ou stress oxydant. Celui-ci s’accompagne d’une toxicité cellulaire et moléculaire. Pour lutter contre un excès de production de ces espèces réactives, l’organisme dispose d’un arsenal important de molécules antioxydantes (vitamines C, E, caroténoïdes…). Des métallo-enzymes sont également impliquées dans la détoxification de ces substances réactives. Une modification de ces activités enzymatiques (d’origine génétique, en particulier) peut être à l’origine d’un stress oxydatif.

 

Le but de ce travail est d’étudier, chez des sujets âgés de plus de 75 ans, le polymorphisme génétique de trois métallo-enzymes (superoxyde dismutase ou SOD, catalase, glutathion peroxydase), en relation avec les paramètres de l’état nutritionnel et du statut antioxydant des patients.

 

Après approbation par un Comité Consultatif de Protection des Personnes participant à une Recherche Biomédicale (CCPPRB), l’étude portera sur environ 100 patients âgés hospitalisés, dénutris (indice de masse corporelle < 21 et albuminémie < ou = 30 g/L) et non dénutris, auxquels un consentement éclairé sera demandé.

 

Divers paramètres biochimiques plasmatiques de routine seront dosés. L’activité des trois enzymes antioxydantes sera mesurée dans les globules rouges. Divers autres marqueurs du stress oxydant seront également recherchés (dosage des antioxydants hydrosolubles et liposolubles, marqueurs de la peroxydation lipidique). Deux types d’études seront réalisées après isolement de l’ADN : d’une part, l’étude du polymorphisme le plus classique de la SOD (Ala9Val) après PCR (polymerase chain reaction) puis RFLP (restriction fragment length polymorphism) ; d’autre part, la recherche de nouveaux polymorphismes des trois enzymes par SSCP (single strand conformation polymorphism). L’analyse statistique permettra d’étudier les relations entre les divers paramètres chez les patients dénutris et non dénutris.

 

En déterminant les facteurs de risque génétique de développer un stress oxydant, ces recherches pourraient permettre de cibler les patients qui devraient bénéficier d’une prise en charge thérapeutique spécifique dite antioxydante pour prévenir l’apparition de complications et limiter la durée de l’hospitalisation.