Le vieillissement est l’une des causes de l’ostéoporose (diminution de la masse osseuse et détérioration de la microarchitecture osseuse prédisposant aux fractures, en particulier au niveau du col du fémur). Les facteurs nutritionnels (calcium des produits laitiers, vitamine D, protéines, mais aussi graisses) interagissent avec les paramètres génétiques et hormonaux et peuvent constituer des éléments de risque ou de prévention de cette pathologie.

 

Au cours du vieillissement, le tissu adipeux médullaire de l’os augmente alors que le tissu minéralisé diminue, notamment par une baisse de l’activité ostéoblastique (synthèse osseuse par les ostéoblastes). Anne-Catherine Maurin a montré sur des cocultures de cellules osseuses et d’adipocytes matures que la prolifération des ostéoblastes était inhibée par la présence d’adipocytes, cet effet ne nécessitant pas de contact entre les 2 types cellulaires. Ceci a conduit à s’interroger sur l’implication de certains acides gras libérés par les adipocytes, et il a été montré que certains acides gras polyinsaturés (AGPI) induisaient spécifiquement une inhibition de la prolifération des ostéoblastes in vitro, sans avoir d’effet sur l’apoptose de ces cellules.

 

L’objectif des recherches d’Anne-Catherine Maurin est d’étudier le mécanisme d’action des AGPI et plus précisément de déterminer si ceux-ci agissent via l’activation d’un récepteur nucléaire spécifique des acides gras, le PPAR gamma (Peroxisome Proliferator Activated Receptor).

 

L’expression du PPAR gamma sera évaluée par immunofluorescence et western-blot sur des cultures de cellules osseuses. L’éventuelle activation du PPAR gamma dans les ostéoblastes et son effet sur la prolifération ostéoblastique seront étudiés en utilisant différentes approches : la comparaison de l’effet des AGPI à ceux de ligands hautement spécifiques du PPAR gamma ; le blocage de l’expression du PPAR gamma au niveau de son ARN messager ; et des expériences de transfection des ostéoblastes avec des constructions particulières.

 

L’hypothèse sera ensuite testée in vivo chez le rat. Des analyses histologiques du tissu osseux seront pratiquées après administration par voie alimentaire ou intra-veineuse d’AGPI ou de ligands spécifiques du PPAR gamma.

 

Ce travail pourrait jeter un nouvel éclairage sur le rôle des acides gras dans le métabolisme osseux, et permettre d’optimiser les conseils nutritionnels pour la prévention de l’ostéoporose liée au vieillissement.