Plusieurs théories ont été proposées pour expliquer les prises alimentaires extra-prandiales excessives chez les sujets obèses. Si la théorie de la restriction alimentaire, qui attribue les excès de la prise alimentaire aux conséquences d’un comportement restrictif, est la plus récente, elle n’explique cependant pas toutes les prises alimentaires excessives. L’étude de Sandrine Pinaquy a pour but d’identifier une autre cause éventuelle.

 

Son projet vise plus spécifiquement à préciser la place de l’impulsivité dans la dynamique psychologique des prises alimentaires excessives chez les sujets obèses. L’impulsivité se définit comme étant un concept multidimensionnel intégrant l’incapacité à différer un comportement, le contrôle des émotions, la recherche de sensation et l’intolérance à la frustration. C’est une tendance irrésistible à l’accomplissement d’un acte sans réfléchir à ses conséquences ou à sa pertinence. Si l’on peut songer qu’une composante ” impulsive ” peut agir dans le comportement alimentaire, à l’heure actuelle, aucune étude spécifique sur les relations entre impulsivité et comportement alimentaire n’a été menée chez les sujets obèses.

 

Sandrine Pinaquy évaluera les comportements alimentaires et le degré d’impulsivité de 300 femmes adultes volontaires âgées de 18 à 60 ans obèses ou en surpoids sévère (IMC > 27 kg/m²). Une batterie d’auto-questionnaires, remplis par chacune des volontaires en une session permettra d’évaluer :
- Le comportement alimentaire (3 questionnaires mesurant la restriction cognitive, la faim, la désinhibition, la restriction, l’émotivité alimentaire, les degrés d’hyperphagie incontrôlée…)

- L’impulsivité (3 questionnaires estimant l’empathie, l’impulsivité, la recherche de sensations, la difficulté de planification, la compulsion alimentaire…)
- L’humeur (évaluation des symptômes dépressifs et des degrés d’anxiété)

 

Des données cliniques (anthropométriques, socio-économiques, enquêtes alimentaires…) s’ajouteront à ces données recueillies au fil des questionnaires.
L’étude synthétique de l’ensemble des variables sur la population étudiée sera effectuée par analyse statistique multivariée.

 

Cette analyse devrait permettre de vérifier l’hypothèse selon laquelle le degré d’impulsivité influencerait le type de restriction : les sujets présentant un degré de restriction élevé devraient avoir des scores d’impulsivité plus élevés que des sujets présentant un régime plus flexible. Ce degré d’impulsivité pourrait alors constituer un déterminant particulier de certaines formes d’hyperphagie incontrôlée.
Les résultats attendus devraient apporter de nouveaux éléments dans la compréhension de la dynamique des troubles du comportement alimentaire des sujets obèses. La prise en considération de l’impulsivité pourrait avoir un intérêt pronostique et thérapeutique dans la prise en charge de l’obésité.