Le déséquilibre quantitatif et qualitatif de la ration lipidique contribue dans les pays industrialisés à l’apparition de pathologies de pléthore (obésité, maladies cardiovasculaires, diabète de type 2 et cancers).Il a récemment été mis en évidence que l’expression de gènes codant pour certains transporteurs lipidiques cellulaires est contrôlée par les lipides alimentaires. Cela a permis à l’équipe de Philippe Besnard de formuler l’hypothèse selon laquelle l’intestin grêle adapterait ses capacités d’absorption à la teneur en lipides du régime alimentaire.

 

Les protéines qui interviennent dans le transport cellulaire des acides gras à chaîne longue (AGCL) et en particulier dans leur absorption intestinale ont une régulation complexe, dépendant notamment de la quantité et de la qualité des apports lipidiques. Ces protéines, qui constituent la famille des lipid-binding proteins (LBP), sont membranaires (FAT/CD36, par exemple) ou cytoplasmiques (FABP, par exemple).

 

Ce projet a pour but d’étudier le rôle qu’exercerait certains acides gras à longue chaîne dans l’adaptation des capacités d’absorption de l’intestin et dans le contrôle de la masse grasse au niveau de l’organisme. Il doit permettre de répondre aux questions suivantes : existe-t-il une régulation coordonnée des neuf LBP intestinales actuellement connues ? Quelle est la signification physiologique de la disparition des membranes des cellules intestinales absorbantes du transporteur FAT/CD36 qui se produit uniquement après un repas lipidique ? Pourquoi et comment certains acides gras particuliers modifient-ils l’équilibre lipidique au niveau de l’organisme ? Le cas des diènes conjugués de l’acide linoléique (CLA), trouvés en quantité non négligeable dans les produits laitiers et connus pour induire la fonte du tissu adipeux chez les rongeurs, sera particulièrement étudié.

 

L’étude du mécanisme de l’internalisation du complexe FAT/AGCL et l’évaluation de son impact sur l’expression des gènes des LBP intestinales sera réalisée in vitro sur des cultures de cellules intestinales (cellules humaines CaCo-2) et in vivo chez le rongeur (rats et souris). Le mode d’action des CLA sera étudié in vivo chez des souris normales et déficientes en PPAR alpha (facteur de transcription nucléaire activé de façon spécifique par les AGCL) ainsi qu’in vitro sur des cellules FAO et CaCo2.

 

Ce travail fondamental devrait permettre de mieux comprendre le rôle des acides gras dans le contrôle de leur propre transport et métabolisme. Les résultats obtenus pourraient à la fois déboucher sur la mise au point de nouvelles molécules médicamenteuses et connaître des applications au niveau de l’industrie agroalimentaire sous forme, par exemple, d’une nouvelle gamme d’aliments fonctionnel.