La régulation du niveau circulant de glucose, combustible par excellence de nos cellules, est un processus essentiel au bon fonctionnement de notre organisme. Elle est assurée par plusieurs hormones contribuant tantôt à faire baisser le taux de glucose circulant (effet hypoglycémiant dévolu à la seule insuline) favorisant ainsi le stockage notamment au niveau du foie, des cellules musculaires et/ou du tissus adipeux, tantôt à l’accroître (effet hyperglycémiant du glucagon et des adrénergiques) favorisant ainsi le déstockage au niveau de ces mêmes organes.

 

L’insuline exerce son effet hypoglycémiant notamment en augmentant la captation de glucose par des cellules musculaires et des cellules du tissus adipeux (adipocytes). La dernière étape de l’action de l’insuline au niveau des adipocytes est bien connue : cette hormone provoque le déplacement (translocation) de petites vésicules intracellulaires contenant des transporteurs de glucose (Glut4) vers la membrane, permettant ainsi au glucose de pénétrer dans la cellule. Toutefois, les mécanismes intimes mis en oeuvre dans ce phénomène de translocation restent inconnus. Leur connaissance est essentielle si l’on veut espérer mieux appréhender les situations pathologiques dans lesquelles ce phénomène de translocation est perturbé (cas d’insulinorésistance observés chez les diabétiques, les obèses,…).

 

Dans ses travaux, Mireille Cormont a étudié les composants impliqués dans la translocation des transporteurs de glucose dans les adipocytes; elle s’est intéressée notamment aux GPTase Rab, une famille de protéines connues pour être impliquées dans le traffic des vésicules à l’intérieur des cellules.

 

Des techniques de fractionnement cellulaire ont permis de mettre en évidence un membre de cette famille de protéines, la GTPase Rab4, répondant à l’action de l’insuline. L’utilisation d’inhibiteurs ou de stimulateurs du processus de translocation des transporteurs de glucose a d’autre part montré que les mouvements de la GPTase Rab4 en réponse à l’insuline étaient étroitement corrélés à la translocation des transporteurs de glucose.

 

Enfin, Mireille Cormont a montré, in vivo, que la protéine GTPase Rab4 pouvait être phosphorylée par une enzyme (MAP-kinase) elle-même mise en action par l’insuline. Cette transformation pourrait participer au mécanisme contrôlant la mise en oeuvre de la GPTase Rab4 en réponse à l’insuline.

 

L’ensemble de ces travaux suggère que la protéine GPTase Rab4 joue un rôle-clé dans la translocation des transporteurs de glucose Glut4 observée en réponse à l’insuline. Il ouvre le champ à des études visant à décrire de façon précise l’action de l’insuline sur le transport de glucose dans les cellules musculaires et les adipocytes, contribuant ainsi à mieux comprendre les cas d’insulinorésistance observés chez les diabétiques et les obèses.