Les troubles graves du comportement alimentaire touchent une part grandissante de la population française, soit environ 5 millions de personnes en 1997. Comprendre les mécanismes physiologiques mis en jeu dans le comportement alimentaire est ainsi un thème de recherche important.

 

Parmi les molécules identifiées chez les mammifères comme étant impliquées dans la régulation de la prise alimentaire, l’hormone de melanoconcentration (abbréviation anglaise MCH) est un peptide qui pourrait jouer un rôle central. Des expériences récentes ont montré une augmentation de la prise alimentaire chez des rats traités avec ce peptide. La MCH est synthétisée dans le cerveau par une structure particulière appelée hypothalamus. Elle pourrait jouer également un rôle au niveau de certains organes périphériques. Pour connaître le mode d’action de cette hormone, il était impératif d’identifier et de localiser son récepteur cellulaire et de connaître le ou les messagers intracellulaires activés par cette liaison.

 

L’essentiel de cette étude porte sur la caractérisation au niveau cellulaire et moléculaire du récepteur de la MCH, sur l’identification de la cascade de messagers impliqués dans l’effet de la MCH et sur le clonage ultérieur du gène codant pour ce récepteur.

 

Dans ce but, un dérivé radioactif de la MCH a été synthétisé. Dans un premier temps, il a permis de mettre en évidence un récepteur pour la MCH dans les cellules humaines (notamment les kératinocytes) et murines. Il a permis de montrer que le cerveau et quelques organes périphériques comme le foie, la rate, les reins et les ovaires possédaient des récepteurs à MCH.