La vitamine K, surtout connue pour sa fonction de cofacteur dans la synthèse des facteurs de la coagulation sanguine (gamma-carboxylation des facteurs II, VII, IX et X ce qui augmente leur l’affinité pour le calcium et leur procure l’activité biologique) intervient dans l’activation de nombreuses autres protéines notamment d’origine osseuse (un état déficitaire en vitamine K pourrait être associé à l’ostéoporose). La vitamine K est largement distribuée et présente notamment dans le cerveau. Au niveau cérébral, la vitamine K interviendrait dans le métabolisme de certains lipides structuraux (biosynthèse des sphingolipides) constituants majeurs des membranes de ce tissu. Chez l’animal, une carence nutritionnelle en vitamine K s’accompagne de perturbations du comportement. Par ailleurs, une nouvelle protéine dépendante de la vitamine K, Gas6, a été récemment mise en évidence.

 

L’hypothèse de recherche d’Isabelle Carrié est que le rôle de la vitamine K dans la fonction cérébrale pourrait être modulé par le statut nutritionnel.

 

Ce projet, qui sera conduit dans un laboratoire canadien, sera effectué dans un premier temps sur un modèle animal. L’effet de régimes contenant des quantités variables de vitamine K sur le comportement (activité motrice, apprentissage…) et sur plusieurs paramètres biochimiques (statut biochimique en vitamine K, concentrations cérébrales en vitamines K1, MK-4, sphingolipides) sera analysé chez le rat au cours du vieillissement (à 3 mois puis à 20 mois). L’expression de la protéine Gas6 dans le cerveau sera également évaluée par hybridation in situ et immunohistochimie.

 

Par ailleurs une étude clinique sera effectuée chez des personnes âgées présentant des troubles de la mémoire afin de déterminer s’il existe un lien entre le statut nutritionnel en vitamine K et l’atteinte cognitive.

 

Cette étude pluridisciplinaire permettra d’évaluer le rôle méconnu et potentiellement très important de la vitamine K dans la fonction cérébrale au cours du vieillissement. Si les résultats confirment les hypothèses de travail, ils contribueront à élaborer des recommandations nutritionnelles adaptées en vitamine K permettant d’assurer une fonction cérébrale optimale.